Il y a des jours comme ça où malgré le soleil (plus que du soleil, c’est une chaleur accablante, soit dit en passant) ; où malgré le fait qu’il n’y ait ni nuages ni vent (ce qui est toujours un peu désagréable quand on veut profiter de notre terrasse, surtout pour les repas) ; où malgré le fait que tout semble s’être bien passé depuis le matin jusqu’au soir, comme hier ; il y a des jours où on se dit qu’on n’est peut-être pas à la bonne place. Ni au bon endroit, ni au bon moment. Et peut-être qu’hier, c’est un peu ce qui s’est passé. Au lieu de fermer les stores pour se protéger du soleil (et de la chaleur), je me demande si je n’aurais pas carrément préféré une fin d’après-midi automnale. Une nuit qui tombe tôt et une envie de s’enfermer sans transpirer. Comme une envie de réclusion. Ou une envie de confinement.

Mais non, j’ai dû prendre mon mal en patience et faire fi des convenances de cette presque fin de printemps : faire comme si je n’avais pas d’autre choix que celui d’aller au lit tôt (c’est malgré tout souvent ce que je fais, toutes proportions gardées, bien sûr) et je suis allé m’isoler dans mon lit avec le bouquin que j’ai en cours en ce moment. Et la seule différence avec une soirée ou un début de nuit d’octobre, de novembre ou de décembre, c’est que là, je ne m’étais pas calfeutré sous la couette pour être bien comme dans un cocon mais juste posé sur le lit, avec à peine un bout de drap pour dire que je ne suis pas offert à la première personne venue qui aurait pu ouvrir la porte de ma chambre. N’oublions pas que je ne suis pas une œuvre d’art, je ne suis pas un nu artistique comme dans les musées.

Et c’est vrai que hier soir, j’ai vraiment regretté de ne pas être en fin d’année (à part qu’on aurait dû se taper Noël plus tôt que prévu !) ou en début d’année nouvelle car ça aurait aussi marché si on avait été en janvier, en février ou en mars, ça reste une époque ad hoc pour se cacher sous une couette et jouer à celui qui hiberne. Mais là, franchement, ça n’était pas du tout possible, hier soir et c’était bien dommage. Ça n’avait pas le même charme que quand on est en automne ou en hiver. Mon corps le savait bien (et mon esprit aussi) que nous étions dans une espèce de canicule qui ne veut pas dire son  nom. Bon, de toute façon, tant pis, je me suis séquestré, hier soir. Envie de ne voir personne. Pas envie de partager quelque espace que ce soit avec qui que ce soit. Qu’on me laisse à mon besoin de solitude.