Je suis partagé, pris entre deux feux, j’hésite comme jamais je n’ai hésité à propos d’un texte. Hier, j’ai écrit un billet qui aurait dû être publié aujourd’hui mais une fois que je l’ai terminé, que je l’ai relu un doute s’est emparé de moi par derrière (je vous jure que je ne l’ai pas vu venir) et depuis, ce doute et moi, nous cohabitons à mon corps défendant. Personnellement, ce billet, si je m’étais écouté, je l’aurais programmé pour une publication dans la nuit et je n’y aurais plus spécialement pensé. Du moins, pas beaucoup. Mais là, d’avoir attendu, de ne pas avoir cliqué sur le bouton au moment idoine, ça a laissé une brèche s’ouvrir dans mon cerveau et depuis, je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu… Oh, oh, fais comme l’oiseau, ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut, ho-ho-hoooo… Fais comme l’oiseau, ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau, mais jamais rien ne l’empêch…

Je vous présente mes excuses pour ce moment d’égarement, bien involontaire. Un peu comme si j’avais préféré m’étourdir en chantant plutôt que d’affronter la réalité : j’ai les chocottes. Je fouette. J’ai le trouillomètre au bord de l’explosion. Et si, après avoir publié ce billet, j’étais censuré ? Et si mon blog devait subir une fermeture administrative ? Et si certaines, se sentant mal visées, voulaient s’en prendre à moi et m’arracher… m’émasculer même si ça serait un peu ridicule, à mon âge mais on ne sait jamais, fontaine, peut-être un jour boirais-je ton eau si j’ai vraiment soif. Mais je dois aussi vous présenter mes excuses et faire une mise en garde. Ces deuxièmes excuses, c’est que si je publie ce billet quand même pour demain, j’aimerais sûr de ne choquer personne. Et pour faciliter la chose, j’ai pensé que je pourrais faire une mise en garde : attention, ceci est de l’humour. Et toute ressemblance avec quelqu’un d’existant serait purement fortuite.

C’est fou quand même d’imaginer qu’on puisse hésiter à publier un billet qui se veut d’humour, en 2018 par crainte d’avoir des représailles. Parce qu’il pourrait être mal compris. Mais s’il était mal compris, ça ne pourrait être que par des cons et que par des connes (parité oblige !) Moi, parfois, souvent, quand j’écris, ça relève de la fiction pour mieux montrer du doigt certaines réalités, certes mais ce n’est que du virtuel. Des vues de l’esprit. Le mien. Enfin voilà, quoi, aujourd’hui, je me suis autocensuré et je suis là, à me justifier pour quelque chose qui n’existe que dans ma tête. Je n’en reviens pas moi-même. Mais où suis-je donc tombé bien bas ? Et pourquoi ai-je soudain très peur de ce monde qui pourrait n’être qu’un monde de brutes ? Alors que je ne suis que douceur. Alors que je ne suis que tout amour. Au moins pour ceux que j’aime… Bon, j’ai encore la possibilité de faire ce que j’ai décidé. Ou de ne pas le faire. Je me laisse encore un (court) temps de réflexion.