Ou pas. Dans une heure, tu seras peut-être là. Personnellement, je préférerais que tu sois là, même si c’est dans deux heures mais si ça se trouve, tu ne seras pas là. Tu ne seras peut-être même plus jamais là. Va-t’en savoir, avec toi. Je devrais plutôt dire « sans toi » car « avec toi, ça relève du passé ou du quasi impossible. Je le crains. Mais je vais essayer d’apprendre à m’en foutre. Comme ça, si quelqu’un devait souffrir de ton absence, ça ne sera plus moi. Je regarde ma montre, le temps est long, il traîne. Je me dis que même au bout de plusieurs minutes, dans une heure, tu seras peut-être là. Tu seras là. Ou pas. Inutile d’espérer.

Il fait grand beau. Il fait grand soleil. En tout cas, dehors. Parce que dedans, en mon for intérieur, je fais grise mine. C’est difficile d’être joyeux quand on sait que c’est fini. Que plus jamais. Que bientôt, je ne pourrai même plus dire que dans une heure, tu seras là. Parce que j’aurais alors compris que tu ne reviendras jamais plus. Plus jamais. C’est la même chose. Il n’y aura plus d’encore. Dans une heure, tu ne seras plus là. C’est de plus en plus évident. C’est la suite naturelle des choses. En ce qui nous concerne. En ce qui nous concernait. Le présent n’est plus de mise, entre toi et moi. Tout comme le futur. Et même le conditionnel.

Dans une heure, tu ne seras pas là. Tu ne seras plus là. La pendule aura beau battre trop lentement, le jour aura beau décliner de plus en plus, je ne ressentirai plus rien que ton absence. Ta cruelle absence. Un peu comme si tu… Non, mieux vaut ne pas y penser. Je vais encore me bercer d’illusions. Me raconter des histoires. Dans une heure, tu ne seras peut-être pas là. Tout simplement parce que tu ne seras pas là du tout. Tu n’as jamais été là. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu n’existes pas. Tu n’as jamais existé. Tu n’es qu’un pur produit de mes fantasmes. Une vue de mon esprit. Une fausse incarnation de mes rêves les plus fous.