Eh bien, ça aura pris le temps mais on y sera quand même arrivé. Ça doit bien faire quinze jours à trois semaines qu’on a ouvert la terrasse (sorti le salon de jardin de sous sa bâche hivernale, fait les plantations dans les jardinières et divers pots sauf aux roses, nettoyé les dalles…) mais on n’avait pas encore eu l’occasion de déjeuner dehors. On avait juste pu se mettre dans un relax pour lire ou dormir ou encore, s’attabler pour faire des mots croisés ou autre. Mais là, ça y est, c’est fait. Pendant que je terminais tout ce que j’avais à faire en ville et chez le patron, le président avait mis le couvert dedans mais quand je suis arrivé, il m’a demandé : tu veux manger dehors ? S’il n’y a pas de vent, oui, pourquoi pas, ça sera le premier déjeuner dehors de la saison et même de l’année.

Comme nous ne sommes pas des perdreaux de l’année, justement, nous avons d’abord testé, surtout lui. Il s’est installé à la table avec une revue et un verre de vin. Pendant ce temps-là, moi, je rangeais mes courses, je faisais réchauffer le plat pour le repas et j’ai préparé un flan aux abricots et au thym pour les desserts des quelques soirs à venir. Comme on peut le voir, je n’ai pas tiré au flanc. Mais comme c’est aussi la première fois que j’en fais un (à mon âge, je sais, c’est étonnant), j’étais un peu inquiet et quand je l’ai surveillé, à plusieurs reprises, dans le four, j’ai trouvé étrange qu’il gonfle comme une montgolfière et j’ai fini par arrêter la cuisson car j’avais déjà dépassé le temps annoncé d’une dizaine de minutes. Verdict après la pizza du dimanche soir, tout à l’heure.

En tout cas, le flan sera plus bronzé que moi sauf que moi, je vivrai normalement plus longtemps que lui. C’est un choix qu’il doit assumer. Il a voulu renaître en dessert lacté, c’est son problème. Quoiqu’il en soit, nous avons donc déjeuné dehors. Comme j’avais la moitié de la tête au soleil, j’ai mis une casquette (alors qu’une demi aussi pu suffire, je sais) et c’était super agréable. Pas un brin de vent. Pas une tornade. Pas un cyclone. Et le lapin à la sauge et à la ratatouille a pas mal ajouté au plaisir de ce repas dominical en extérieur. Bref, un moment de détente bien apprécié par les deux protagonistes. Que demander de plus ? Oui, je sais mais là, ce serait un peu déraisonnable d’avoir de telles exigences. Il faut savoir se contenter de ce qu’on a. Je suis d’accord avec ça.