J’en avais entendu parler et j’ai fini par succomber. Je n’ai pas pu attendre que ça soit disponible à la bibliothèque de Bordeaux pour l’emprunter et là, hier, en passant à la Fnac, je suis tombé sur le disque, le CD et comme il n’était qu’à 7 euros, je me suis laissé tenter. J’en avais envie. Je n’en connaissais pas grand-chose, une seule chanson, entendue une fois à la radio, sur Fip, et j’avais beaucoup aimé. Parce que c’était empreint d’une grande délicatesse, légèrement inattendue mais non, c’est peut-être juste parce qu’on se fait des idées sur les gens à cause de leur physique et de leurs faits et gestes dans les medias.

Et c’est là que j’ai eu la première révélation. Cette douceur, cette humilité, cette sincérité dans l’hommage qu’il rend à une des femmes de sa vie. Gérard Depardieu, le gros nounours un peu bougon, qui déraille parfois, chante Barbara et là, soudain, on entend un homme qui parle à une femme qu’il a aimée, qu’il aime encore. Et qu’il aimera toujours. Un homme qui chuchote, qui susurre et qui fredonne des chansons qui parlent toutes d’amour. Un homme qui n’hésite pas à nous faire comprendre qu’il a des failles, des faiblesses et un manque, le plus cruel d’entre tous, celui qu’on connaît quand on a perdu un être très cher.

Depardieu est sans doute le plus respectueux de l’œuvre de Barbara car il n’y a aucun artifice dans les chansons qu’il a choisi d’interpréter. Comme s’il ne d’adressait qu’à elle. Et moi, ce matin, en entendant L’île aux Mimosas, j’en ai eu la gorge serrée tant j’ai ressenti de l’émotion, la sienne et la mienne. Pour un peu, je versais une larme. Toute la part féminine de Depardieu dans cette chanson. Mais pas que dans celle-ci. Assurément, c’est un excellent disque. On dit que le spectacle qu’il tourne sur cet hommage est tout autant digne d’intérêt. Mais ce n’est pas d’un abord facile pour autant. En tout cas, pour ceux qui ne connaissaient ou ne connaissent pas bien Barbara.