Au-delà, au-delà de la brume qui nous emprisonne depuis des jours et des jours pour ne pas dire des semaines et des semaines, hormis quelques embellies ponctuelles, certainement dues au fait que Dieu, s’il existe, a dû être inattentif et ne pas voir que quelques rayons de soleil venaient nous montrer que l’astre luisant existait toujours, au-delà, au-delà de toute cette brume, il y a sans doute un monde meilleur mais aura-t-on seulement jamais le droit d’y avoir accès ? Si ça se trouve, quand Dieu a laissé un peu de soleil venir nous faire croire que les lendemains allaient être meilleurs et moins tristes, c’était juste pour nous punir encore plus fort en nous refermant les portes et les fenêtres pour nous envelopper de nouveau de ces brumes et de cette grisaille.

Au-delà, au-delà des brumes qui semblent quasiment éternelles, depuis des mois et des mois, si ça se trouve, il y a un monde dans lequel les hommes ne tuent pas leur femme par erreur et encore moins les petites filles par inattention et dans lequel, les enfants ne sont jamais déshérités. Un monde dans lequel, on pourra vivre sans craindre la moindre inondation, la moindre avalanche et le moindre incendie, qu’il soit feu de forêt ou dû à une explosion d’une canalisation de gaz. Un monde dans lequel mes collègues ne se saouleraient pas après avoir fumé des pétards, un samedi matin, avant de prendre la route pour rentrer chez eux oui mais c’était parce que ce sont les 50 ans de David ! Mais je m’en fous, moi, de David, de Mathieu ou de Yonel ! Ce sont des dangers publics !

Au-delà, au-delà de toute cette brume qui nous imprègne tant le corps que l’esprit, si ça se trouve, il y a un ciel bleu magnifique, constellé d’étoiles solaires qui scintillent et feraient briller les yeux de tout le monde et pas que les enfants. Mais non, toutes ces brumes qui nous ont envahis, c’est sans doute pour nous punir de toutes nos exactions, fautes et arrière-pensées négatives. Ça me coûte de parler comme un curaillon mais c’est ce que je ressens aujourd’hui. Je ressens comme une punition divine de Dame Nature qui en a plus qu’assez de nos caprices d’humains. De nos caprices et de nos conneries. Alors, s’il vous plaît, que chacun y mette un peu du sien. Moi, compris. Mais je vous en prie, commencez, je prendrai la relève. J’ai une chose à régler, je viendrai après.