La campagne électorale est officiellement terminée jusqu’à lundi matin. On n’a plus le droit de parler politique d’ici là. Et surtout pas de faire des pronostics ni des sondages. Alors, ne sachant pas trop comment faire pour contourner la loi, j’ai envie d’imaginer une émission de variétés dont chaque chanson représenterait un(e) des onze candidat(e)s. Alors, pour ne pas prendre le risque d’être taxé de partisan, je vais les lister par ordre alphabétique de leur prénom, comme ça, pas de jaloux et surtout, pas d’histoires.

Pour Benoît H., une chanson de Fernandel et surtout, qu’il n’en prenne pas ombrage, c’est un clin d’œil car, tout compte fait, je le trouve bien plus sympathique en fin de campagne qu’au début (peut-être parce qu’il ne va pas gagner… j’étais contre son revenu universel) : « On m’appelle Simplet, l’innocent du village, doux comme un agnelet, je mène la vie d’un sage… » et pour Emmanuel M., le gendre presque trop idéal, interprétée par Luis Mariano : « Maman, c’est toi, la plus belle du monde, aucune autre à la ronde, n’est plus jolie… »

Maintenant, voici Richard Anthony qui vient donner son accord à François A. pour qu’il sorte de l’Europe une fois pour toutes : « Si seulement tu m’avais dit la vérité, nous ne serions pas sur le point de nous quitter… à présent tu peux t’en aller… » et en honneur (ou en hommage à l’autre François, le F. (avec un F comme fric), une chanson des Parisiennes, pour ceux qui s’en souviennent : « L’argent, ne fait pas le bonheur ? Celui qui a dit ça, est un sacré menteur… L’argent ne fait pas le bonheur ? Allez raconter ça, à votre percepteur… »

Avant que ses descendants n’aillent coloniser Mars, Charles Trenet propose à Jacques Cheminade de commencer par la lune : « Le soleil a rendez-vous avec la lune mais la lune n’est pas là et le soleil attend… » et il n’y a pas que le soleil qui attend, ce vieux Jacques aussi, on dirait. Et là, nous allons vivre un grand moment d’émotion avec le grand Jean Ferrat qui n’a plus à convaincre Jean L. « Pourtant, que la montagne est belle, comment peut-on imaginer, en voyant un vol d’hirondelle, que l’automne vient d’arriver ?... »

Comme j’avais peur que l’ambiance retombe un peu et comme il fait particulièrement beau, aujourd’hui, voici de quoi danser, pour faire plaisir à Jean-Luc M. : « Cuba, quiero bailar la salsa ; Cuba, quiero bailar la salsa ; Cuba, quiero bailar la salsa ; Cuba, quiero bailar la salsa… » ce qui signifier : Cuba, je danse la salsa et je t’emmerde. Ou à peu près. La chanson suivante coule de source, pour Nathalie A., de la part des Charlots : « Merci patron, quel plaisir de travailler pour vous, on est heureux comme des fous… »

Pour Marine Le Pen, j’avais pensé à faire venir Georges Moustaki : « Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents » mais non, c’est une blague, je n’aurais pas osé. J’ai préféré choisir Michel Sardou : « Mais voilà, j’habite en France… mais la France, c’est aussi un pays où y a quand même pas cinquante millions d’abrutis…" Ah tiens, je me suis trompé dans l’ordre alphabétique, j’ai interverti Marine et Nathalie. Bah, c’est aussi bien comme ça. Pour Nicolas D. A., voici Patrick Sébastien : « Ah si tu pouvais fermer ta gueule, ça nous ferait des vacances ; ah si tu pouvais fermer ta gueule, ça ferait du bien à la France… »

On va terminer par Philippe P. le trublion de cette élection, celui qui a particulièrement marqué le grand débat des onze candidats non seulement par ses invectives envers deux de ses petits camarades qui ne sont pas ses potes, d’ailleurs et par sa tenue vestimentaire : « Tous les enfants de ma cité et même d’ailleurs, tout ce que la colère à fait de meilleur… Tomber la, tomber la chemise, oui moi j’ai tombé la chemise… » Pas vrai, Paulo ? Merci Zebda et en tout cas, on peut tous les applaudir bien fort car nous venons d’assister à un spectacle assez réjouissant, ma foi.