Depuis que j’ai vu ce film, hier, Le ciel attendra, j’y pense beaucoup. J’y pense parce que ce fut une découverte pour moi que d’apprendre tout ce qui est démontré : le mécanisme de manipulation des jeunes, que ce soient des garçons ou des filles. Mais pour les filles, je n’en reviens pas comme le coup du prince charmant, sous les traits anonymes et virtuels d’un pseudo prince arabe, ça marche comme si elles avaient encore cinq ans. Il en faut peu pour toucher la corde sensible des jeunes adolescentes en recherche d’absolu et d’idéal.

Je n’en reviens pas comme certaines peuvent tomber aussi rapidement dans les filets de ces prédateurs qui ne pensent qu’à une chose : les faire venir chez eux, dans leur pays en guerre. Soit pour en faire de la chair à canon soit pour les marier de force avec des mecs qui n’ont rien à voir avec celui qui les a harponnées. Et ça marche, souvent. Ça marche parce que la manipulation, c’est ça. C’est faire en sorte que l’autre n’ait pas d’autre issue. Impossible d’échapper aux griffes de ces animaux sauvages. Des gazelles poursuivies par des lions affamés.

Affamés de chair fraîche pour déstabiliser les non musulmans, mécréants que nous sommes. Comment peut-on encore tomber dans le panneau ? Tout simplement parce qu’à  l’adolescence, on a besoin d’autre chose que le modèle parental et/ou le modèle social. On est en rébellion contre tous ses proches et forcément, celui qui saura parler à l’oreille de celles et ceux qui n’attendent que ça, un mot pour leur faire croire qu’on les comprend, celui-là aura tout gagné. C’est pourquoi il faut lutter contre tout ça. Vaille que vaille et coûte que coûte.

Au passage, je suis encore étonné, dans ce film, combien mon sentiment vis-à-vis des deux adolescentes qui ont les rôles principaux sont, tour à tour, sympathiques et exécrables. Et combien tout ça change en moins d’une heure et demie. La jeune fille modèle, violoncelliste en devenir, qu’on adore parce qu’elle est mademoiselle tout-le-monde, on va finir par la détester quand on va la voir succomber aussi rapidement et facilement aux mains de son pseudo prince.

Quant à celle qui est déjà soumise à ses bourreaux virtuels, celle qui est déjà bien avancée dans le processus de manipulation, on ne la supporte pas, tant elle est odieuse avec sa famille. Mais comme elle va finir par accepter de tenter de se radicaliser, on finit par lui trouver un air aimable et on commence à ressentir un peu d’empathie pour elle, victime s’il en est. Sauf, je dis bien sauf, qu’on a toujours le doute : et si elle simulait sa rédemption. C’est terrible, je vous dis.