C’est sans doute un peu pour ça, hier, que j’ai fredonné le Temps des Cerises car pour moi, hier, c’était un jour à avoir envie de ne pas avoir d’envies. En plus, ce n’est pas la saison des cerises. Alors, il faudra patienter pour qu’il revienne leur temps.

Il y a des jours comme ça où on se lève fatigué avec un sentiment d’injustice profonde et la sensation qu’on ne saura pas aller au bout de cette nouvelle journée qui commence et dont on sait qu’elle aura des relents d’éternité. Et comme l’éternité ne m’a jamais attiré, bien au contraire, il n’est pas difficile de comprendre combien cette idée peut me contrarier, dès potron-minet. Parce que même si je suis du matin, je n’aime pas les matins qui commencent à rebrousse poils.

Et ça a continué au travail : bien mal acquise, une journée qui a mal commencé. Et toute journée mal commencée doit se terminer de la même façon ? Tu parles comme c’est tristement prévisible. Alors, j’ai décidé de ne rien faire contre ce qui n’est pas de mon ressort et faire avec. En faisant le dos rond histoire d’attendre que le temps passe et me permette d’arriver au bout de ces heures inintéressantes. Avec l’esprit occupé. Pour ne pas penser.

Heureusement, petite éclaircie dans cette sensation de grisaille : Isabelle est venu me rendre visite avec deux petits cadeaux et quatre pâtisseries. Et une bougie à souffler. Avec un peu de retard mais c’était compréhensible vu que nous ne sommes pas allés chez elle dimanche dernier alors qu’elle avait justement prévu le coup pour ce moment-là. Mais je suis resté en mode tourbillonnaire sans avoir l’impression de ne jamais toucher le sol.

Alors, j’ai terminé cette journée tant bien que mal, au spectacle. J’ai un peu ri. Parfois beaucoup. Souvent, j’ai subi. Mais de toute façon, c’était un jour où j’avais envie d’aucune envie. Sauf au fond de moi, où je gardais l’espoir d’un autre jour meilleur. Mon temps des cerises à moi.