Avant l’heure, c’est pas l’heure, dit-on dans ce qui ressemble à un dicton. Après l’heure, c’est plus l’heure. Idem et dito. Mais alors, pourquoi les gens ne sont-ils pas plus ponctuels que ça ? Parce que moi, je suis un vrai névrosé de la ponctualité. Un mec qui préfère être en avance plutôt que prendre le risque d’être en retard. Parce que si ça ne me dérange pas d’attendre les autres parce que je suis en avance, je déteste les attendre parce qu’ils sont en retard. Et comme je suis toujours en avance et eux, toujours en attente, j’attends toujours deux fois dont une de trop. Et ça me stresse.

En tout cas, j’ai toujours une ou deux minutes d’avance à mes montres et à mes réveils. Parce que je pense que  pour être bien dans mes baskets, c’est être en avance sur mon temps. J’aime l’idée d’être un précurseur plutôt qu’un has been même si je suis plus porté sur le passé que vers le futur. C’est compliqué, hein ? Mais non, il suffit de se mettre à ma place pour comprendre. On ne se met jamais assez à la place de l’autre et c’est pour ça qu’on reste des étrangers les uns pour les autres.

Il n’empêche que je ne suis quand même pas aussi atteint que mon meilleur ami, dont je ne dirai pas le nom pour respecter son anonymat, car lui, il règle carrément sa montre avec dix à quinze minutes d’avance. Mais, tout autant que pour moi, comme il le sait, ça ne l’avance que dans le temps virtuel puisque dans la réalité, ça ne l’avance à rien. Il sait que quand sa montre indique 11h29, il lui reste un petit quart d’heure devant lui. Moi, ça ne se joue qu’à une ou deux minutes. Donc, mon cas me semble bien moins désespéré.

En tout cas, samedi soir, j’ai fait le tour de plusieurs pendules, réveils, montres, enregistreurs DVD et téléviseurs afin de mettre le maximum d’appareils à l’heure d’hiver, un peu en avance puisque je n’aurais pu le faire que dimanche matin mais au moins, si j’avais eu besoin de consulter l’heure pendant la nuit (même pas en rêve !), j’aurais été d’abord en avance, puis, ponctuel. Mais surtout pas en retard. Ça m’aurait empêché de me rendormir du sommeil des heures justes. Des heures piles et des heures pétantes. Et ma nuit s’est inhabituellement bien passée. Donc, j’avais raison.

Sauf que ce matin, quand je me suis levé, 6:00 à mon réveil, j’ai commencé à faire des calculs mentaux : il est six heures ce matin donc, si on avait été avant-hier, il serait sept heures, donc, j’ai dormi, voyons… je me suis couché vers 22h30 heure locale (23h30, heure d’été) ce qui fait que j’ai dormi… je retiens un… bâillement et je réfléchis : j’ai dormi sept heures trente. C’est énorme, pour quelqu’un comme moi, quelle grasse matinée ! En tout cas, pour être sûr, j’ai tout recalculé et je suis tombé sur le même résultat. Ouf, tout va bien, l’hiver peut commencer.