On parle toujours des animaux en voie de disparition, dans la forêt amazonienne, dans les endroits où on construit des parcs de loisirs, dans des jungles lointaines où la main de l’homme a choisi de mettre le pied… Justement, choisir de mettre le pied. Ce n’est pas la peine qu’on aille aussi loin pour parler d’espèces en voie disparition. Non, il suffit de regarder chez nous, en France et de se focaliser sur l’Aquitaine et enfin, de zoomer sur Bordeaux, pour ne parler que de cette ville dans laquelle je vis et dans laquelle je me déplace très souvent à pieds. Sauf quand je prends le bus, quand je prends le tram, quand je loue un vélo ou, plus exceptionnellement en voiture (sauf en ce moment car je la prends tous les jours pour aller travailler depuis plusieurs mois à cause d’horaires de tram incompatibles avec celui de mon embauche).

On peut donc dire que je suis un piéton régulier, coutumier du fait et, je peux l’avouer, récidiviste. Il ne se passe pas un jour sans que je ne me serve de mes pieds pour me déplacer d’un endroit C à un endroit A tout en passant par un point B. Et je peux vous dire que même si je ne fais pas toujours des longues distances (ça peut m’arriver), je crois vraiment qu’il ne se passe pas un jour sans que je ne marche à minima quelques centaines de mètres. Au pire, juste pour descendre et sortir de l’immeuble et arriver sur le trottoir qui est un peu mon trottoir aussi avant de traverser la rue et aller prendre le tram vu que la station Ste Catherine est juste en bas de l’immeuble. Donc, comme je ne vis pas en reclus, j’ai toujours au moins quelques mètres à effectuer à pieds. Je suis donc un piéton, un vrai. Un pur jus. Un piéton depuis si longtemps que…

Et c’est là où le bât blesse : en effet, de nos jours, alors que de nombreuses villes en général (et Bordeaux en particulier) font tout pour rendre la ville à leurs habitants en rendant de plus en plus difficiles les accès des centres villes aux voitures. Mais c’est de l’hypocrisie pure et dure car maintenant, de plus en plus, les trottoirs sont envahis de vélos à qui on ne peut même plus reprocher de ne pas circuler sur la chaussée sous peine de s’entendre dire que c’est dangereux pour eux. On a aussi des mauvaises rencontres avec ce fléau que représentant les planches à roulettes qui font un boucan du diable et dont les propriétaires n’ont aucun sens du savoir-vivre. Sans oublier les voitures qui stationnent intégralement sur les trottoirs. Bref, rendre la ville à ses habitants en supprimant les piétons, cela a-t-il un sens ? Et si oui, lequel ?