S’il y a une chose qu’on ne peut pas me reprocher, ici, c’est de ne pas être capable de parler pour ne rien dire. Je suis même capable de bien pire que ça : parler sans savoir de quoi parler, parler de rien en faisant croire que je peux parler de tout. De tout et de rien. Comme si de rien n’était. Et comme écrire, ça me prend deux fois moins de temps que pour parler, autant vous dire que j’écris pour ne rien dire à la vitesse grand V. En deux fois rien de temps. Moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

J’aime beaucoup me retrouver devant mon clavier et la page blanche de Word sans savoir de quoi il va être question. Comme si je partais à l’aventure. Je suis un aventurier du clavier et parfois, si je me perds, ce n’est jamais que dans les méandres de mon esprit qui va plus vite que la musique de mes doigts sur les touches. Et je cours, je cours, je cours à perdre haleine dans l’espoir fou de ne pas me laisser distancer et de pouvoir avoir le temps de tout recopier ce qui me passe par la tête.

Parler de rien, et de tout, j’adore ça et comme disait Oscar Wilde, « J’adore parler de rien, c’est le seul domaine où j’ai de vagues connaissances. » Moui… non, pas tout à fait, si on y regarde de plus près. À la différence de ce cher vieil Oscar, moi, j’ai envie de dire que parler de rien, j’adore ça car c’est le seul domaine de toutes mes compétences. J’ai la connaissance universelle du parler pour ne rien dire. Je pense que je suis d’accord avec moi sur ce point-là. Et que personne n’ose me contredire, s’il vous plaît.