De prendre ma journée, hier matin en prévision du dîner d’hier soir. Nous étions huit à table, ce qui n’arrive pas souvent, chez moi vu que c’est le nombre maximum de convives possibles autour de la table sans qu’on ne commence à se sentir à l’étroit. Ou alors, il faut prévoir un buffet dînatoire avec tout le monde debout. Mais non, hier soir, je voulais faire un dîner assis. D’autant plus assis que nous devions faire une visite de Bordeaux qui durait trois heures en théorie mais trois heures trente en pratique. Alors, s’asseoir pour manger afin de se reconstituer, ça n’était pas un luxe.

La visite a mal commencé vu qu’il s’est mis à pleuvoir cinq minutes juste avant le point de rendez-vous à la colonne des Girondins. Mais nous avons tenu à la faire malgré tout et nous avons bien fait car la pluie n’a duré qu’une heure, peut-être un peu plus mais il est vrai que ça a un peu perturbé la visite en elle-même car à plusieurs reprises, nous avons dû nous abriter le temps des explications historiques et architecturales qui, à mon sens, du coup, étaient trop importantes au détriment de la déambulation dans les rues de la ville afin de voir les monuments emblématiques.

À peine la visite terminée, nous sommes rentrés au pas de course pour que j’allume le four pour réchauffer mes feuilletés apéritif précuits le matin même. Première surprise de la soirée : l’ascenseur était en panne. Après trois heures debout, nous avons monté les cinq étages d’un pas régulier pour ne pas perdre le rythme. Et j’ai pu me mettre à la touche finale de mes préparations. Les feuilletés un peu trop recuits (ben oui, forcément, quand on s’absente trois heures trente juste avant le dîner…) et champagne sont quand même bien descendus.

J’ai sacrifié une partie de l’entrée pour ne pas alourdir les estomacs au vu de ce qui allait suivre. Je n’ai gardé que les cèpes et les gésiers pour une assiette un peu plus austère. Ont suivi mes deux malheureuses tartes salées : celle au poireau et aux St Jacques, dont la pâte n’avait pas assez cuit a été impossible de servir proprement. Et celle aux légumes, mozzarella et crevettes, s’est encore moins bien tenue que la première. J’ai eu quelques déboires pour sa préparation mais mieux valait en rire qu’en pleurer, non ?

Le plateau de fromages n’a pas rencontré d’incident et l’apparition des trois desserts (deux de Pauline et un de moi) a provoqué des sensations partagées : excitation de la gourmandise et crainte de trop manger (ou de ne pas pouvoir goûter à tout), bref, tout ne s’est pas passé comme le président guide et moi le souhaitions (chacun dans son domaine) mais l’ambiance était bonne et le plaisir d’être ensemble bien partagé. Il y a longtemps que je n’avais pas reçu comme ça, j’ai un peu perdu la main, il va falloir que je me reprenne.