Barbara chantait « il y aura du monde à mon enterrement » eh bien, en ce qui me concerne, je ne sais pas ce qu’il en sera mais la question peut être posée en ce lundi matin qui hésite entre pluie et ciel bleu, entre inhumation et crémation, entre repas froid et plat cuisiné, entre prendre mon thé ou des cendres et entre sortir ou entrer. Mon Dieu, si vous existez, que de choix, seigneur, que mon choix demeure. Parce qu’il est dit que je continuerai d’hésiter tout autant que d’exister. Mais tant que ça ne dérange pas ceux qui m’entourent et qui m’importent et, je l’espère, à qui j’importe, tout ira bien dans le meilleur des mondes.

Nous sommes donc lundi matin et par définition, je ne sais quand aura lieu le raout pour mes funérailles, peut-être demain (mais non, ne soyez pas chagrin, rien n’est sûr, pour le moment), peut-être l’année prochaine (inutile alors de me la souhaiter bonne et heureuse, ça vous économisera des vœux) ou peut-être dans vingt ans, histoire de me permettre de profiter un peu de ma retraite et de ne pas avoir eu l’impression que de travailler toute ma vie durant (mais pour certains, peut-être que, encore vingt ans, c’est long – l’avenir le leur dira.)

Et puis donc, il va falloir que je commence à faire la liste des invités, la liste des musiques que j’aimerais que les autres entendent, pendant que je brûlerai les planches une dernière fois. J’insiste bien sur les autres parce que moi, il ne sera pire sourd (il n’est pire four ?) que le mort qui ne voudra pas entendre et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là. Peut-être éviterai-je juste des musiques un peu trop latino parce que, toujours en ce qui me concernera, l’ambiance sera déjà assez caliente comme ça. Je ne propose pas des petits feux d’artifice, je crépiterai déjà assez comme ça dans mon coin.  

D’ici là, il va me falloir gérer d’autres moments où il y aura du monde. Peut-être pour fêter les dix ans de mes cinquante ans, en 2019. C’est drôle, ça semble terriblement lointain, abstrait, impossible, cette date. D’ailleurs, peut-être pourrais-je en profiter pour fêter mes soixante ans, par la même occasion. Il faudra que mes amis et tout proches se décident s’ils veulent faire un Groupon de fête. D’ici là, d’autres raisons de faire la fête et de déraisonner : les 80 ans de la Mama, pourquoi pas ? Les 70 ans du futur ex-président ?

Quoiqu’il en soit, dans l’immédiat, j’ai des choses beaucoup plus terre-à-terre à gérer. In et Of sont là pour quelques jours, pour la semaine et il faut prévoir, organiser, lister et tout et tout. In et Of ou Of et Ine. On va profiter de mon jour de repos pas encore éternel pour faire une réception, ce soir, avec ma cousine et le patron. J’ai tout dans la tête, pas encore farcie mais pas loin et au menu, soupe, gratin de gnocchis et deux desserts maison. Mais au fait, c’est mon dernier jour avant la reprise ? Je suis sûr de vouloir faire ce dîner ? Trop tard, ils sont tous là ou prévenus. Ce soir, il y aura du monde.