Allez, maintenant, c’est fini, la nostalgie, on revient à la réalité. Il faut savoir regarder de l’avant et affronter l’avenir au lieu de se vautrer dans le passé, de se complaire dans les souvenirs et de s’exciter avec tous les « c’était le bon temps » et les « c’était mieux avant », non ? Je pense que si, dans l’idée, dans l’absolu, c’est exactement ça qu’il faut faire. Si ce n’est que moi, je ne fonctionne pas tout à fait comme ça. Et c’est même tellement l’inverse. Je n’ai jamais trop su me projeter dans un futur forcément inconnu et j’ai toujours préféré étreindre le passé, si rassurant. Quitter la proie pour l’ombre, ce n’est pas fait pour moi. Je suis un trouillard du devenir.

Eh oui, j’ai les flopettes, j’ai toujours eu les flopettes quand j’ai imaginé qui j’allais être, comment ma vie allait évoluer et ce qui pouvait m’attendre. Je n’ai jamais eu la réponse à tous ces questionnements, sauf peut-être un peu avec le temps et à chaque fois, ça n’a fait que confirmer mes doutes pour ne pas dire mes craintes. Je ne suis pas fait pour avancer trop vite. C’est totalement contraire à ma façon de vivre. Dans la réalité, je suis toujours en train de courir comme pour fuit quelque chose alors que philosophiquement, j’ai tendance à préférer d’être un escartruche. Ah bon, personne d’autre que moi ne sait ce qu’est un escartruche ?

Ne me dites pas que j’ai encore inventé un mot, en bon génie que j’aurais pu être ? Si ? Ah, eh bien, écoutez, vous m’en voyez flatté. Un escartruche, c’est un mélange entre l’autruche, pour ne pas affronter les choses en face et l’escargot pour ne jamais avancer trop vite. Je suis donc un escartruche. C’est tout à fait ça, je suis l’incarnation de l’escartruche. Je suis le seul escartruche officiel au monde. Il n’y en a qu’un et c’est moi. Et j’adore cette idée : être unique. Pardon ? Qu’ai-je prévu pour demain ? Ooups ! Je ne sais pas encore, je ne veux pas le savoir. Demain est un autre jour et à chaque jour suffit ma peine. C’est déjà beaucoup, je trouve.