Pourquoi tu ne dis rien, Stéphane, aujourd’hui, tu boudes ? Non, je ne boude pas. Je n’ai rien à dire. C’est tout. Ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’on ne doit rien dire, on peut quand même parler de plein de choses même si ce ne sont pas que des choses amusantes. Ou légères. On peut dire des bêtises et pour ça, il me semble que tu n’es jamais le dernier.

Je n’ai pas envie de dire des choses drôles, aujourd’hui. Si on m’oblige à l’ouvrir, ça risque de ne pas être gentil pour plein de gens, alors, non, je ne boude pas mais je préfère me taire pour ne pas envenimer les choses. Bon, comme tu veux. Mais sache que j’aimerais bien entendre un ou deux jeux de mots, ça me ferait du bien, à moi et moi, je ne connais que toi, pour ça.

Tu n’as qu’à ouvrir un livre de Jean Yanne ou de Philippe Geluck, tu trouveras ton bonheur mais ne compte pas sur moi, aujourd’hui. Même si je te demande un jeu de mots sur les agiles et jeunes et cas soc’ réunis ? Justement, surtout si c’est sur eux. Pas envie. Un point, c’est tout. Et si je te pose une devinette sur les agiles et jaunes, moi, pour une fois ? Au lieu que ça soit toi…

Tu connais la différence entre un gilet jaune et celui qui le porte ? Non et je m’en fous. Allez, fais pas ta chochotte, tu en as dit des bien pires, toi. Je m’en fous, je te dis. Pourquoi tu t’en fous, tout d’un coup ? Je m’en fous parce que je m’en fous et laisse-moi tranquille, je préfère être seul. Non, il y a autre chose, allez, dis-moi, crève l’abcès, sinon, tu vas refouler et ce n’est pas bon.

Allez, c’est quoi la différence entre un gilet jaune et celui qui le porte ? Écoute, je n’ai pas envie de connaître la réponse. Je ne veux pas d’histoire, moi. Tu ne veux pas d’histoire drôle ? Je ne veux pas d’histoire, tout court. Qu’est-ce que tu sous-entends, là, Stéphane ? Je ne sous-entends rien mais je n’ai pas envie de faire de l’humour à deux balles sur les gilets jaunes. C’est tout.

Je ne te reconnais plus. Tu sembles éteint, là. Je ne veux pas d’histoire. Je ne veux plus recevoir de mail me disant que je n’ai pas le droit de critiquer les gilets jaunes. Les agiles et jeunes et cas soc’ réunis. Si ça se trouve, ils sont en train de chercher où j’habite et je vais avoir des problèmes. Alors, je préfère me taire. Et faire profil bas. Même si ce n’est pas ma conception de la démocratie.

Bon, la différence entre un gilet jaune et celui qui le porte, c’est que seul l’un des deux réfléchit. Et ne te retiens pas de rire, surtout. Je ne me retiens pas de rire. Et même si je trouvais ça drôle, ce qui reste à prouver, je ne rirais qu’en présence de mon avocat. Et à condition que personne ne m’entende rire. Que personne ne m’entende sourire. Maintenant, fous-moi la paix.