On sait tous que le fait de trinquer, quand on prend un verre, remonte à une coutume du Moyen-Âge où, pour être sûr qu’on ne serait pas empoissonné quand on buvait avec quelqu’un qui pourrait nous vouloir du mal (tout le monde pouvait vouloir du mal à tout le monde, à l’époque, heureusement, ça n’est pas le cas aujourd’hui… À moins que ça n’ait évolué avec les réseaux sociaux, tiens, c’est intéressant, comme réflexion, je vais y penser, promis, juré, craché !), la simple action de trinquer un peu violemment avec des pintes ou des chopes et forcément, un peu de liquide de l’un allait dans le récipient de l’autre et inversement. Donc, si l’autre cherchait à vous faire avaler une saloperie, il ne pouvait plus boire lui-même, sinon, avec les quelques gouttes tombées vers lui, il risquait lui aussi d’être empoisonné.

Bon, un paragraphe entier pour dire des choses que tout le monde connaît déjà par cœur, ça ne fait pas vraiment avancer le schmilblick. En revanche, pourquoi on porte un toast quand on lève son verre ? Là encore, il faut remonter loin en arrière, au 15ème siècle, si je ne m’abuse, où on avait l’habitude de manger des toastées (tranche de pain grillé au bord de la cheminée – aussi appelées rôties dans certaines régions) en guise d’amuse-bouche (c’est très bon avec des rillettes ou des mogettes à l’ail, comme on fait par chez moi.) Ce sont les anglais qui ont déformé les toastées en toasts. Et de là, on a pris l’habitude de porter un toast. En général, désormais, c’est pour annoncer un petit mot qui accompagne le trinquage. Ah bon, ça ne se dit pas, trinquage ? Et alors, si j’ai envie de l’écrire, je ne le dis pas, je l’écris, seulement !

Après, il y a eu une coutume sous forme de jeu autour de la toastée. Quand un homme avait des vues sur une femme, il pouvait inviter ses amis à venir boire un verre de vin dans lequel il déposait une toastée, justement. Chaque invité buvait à tour de rôle et laissait la dernière gorgée au prétendant qui mangeait la tranche de pain grillée mais complètement imbibée de vin à la santé de sa belle. Est-ce que c’est ça qui aurait inspiré la recette du mijet, qu’on mange chez moi, dans les Deux-Sèvres  (également appelée soupine, dans la Beauce, je crois) : du pain dur, un peu de sucre, des glaçons et du vin rouge. En été, ça désaltère mais attention à ne pas finir empoisonner car comme on ne trinque pas avec du mijet, on ne sait pas si l’autre, en face, n’a pas versé quelque chose de dangereux, dedans…