Je me retrouve dans une situation étrange mais pas déplaisante. Depuis samedi matin, alors que je comptais partir du boulot une fois mon travail terminé, un peu plus tôt que d’habitude, pour une fois, on m’a fait comprendre que bon, Virginie devait passer me dire au revoir et je trouvais ça étrange que mes collègues de la nuit soient restés une fois  qu’on avait fini l’analyse des écarts de stocks. Mais bon, comme Greg avait vendu une partie de la mèche… Quand je lui ai dit que j’attendais Virginie qui devait passer, il m’a dit « Ah bon, elle te l’a dit ? Ça devait rester secret ! »

Bien sûr, ça m’a mis la puce électronique à la prothèse d’oreille. Et j’ai un peu attendu. Et alors, alors… Alors Virginie est arrivée avec du pain, plusieurs baguettes et ma remplaçante, la veuve Poignet avec un sac de chez un boulanger-pâtissier. Et Aïssa, qui n’avait pas travaillé cette nuit-là avec plein de choses dans son coffre. Dont une plancha et Maxime a sorti des choses de sa propre voiture. Bref, ce que j’avais supputé était en train d’arriver, on allait me faire ma fête à l’occasion de mon départ. C’était inattendu et très plaisant même si je n’ai pas l’habitude d’être ainsi honoré.

Comme il faisait beau, vers 8h30, on a mis une table au soleil et on a mangé de la saucisse dans du pain frais, on a bu du champagne et on a même eu droit à deux tartes aux fruits. Avec de la musique d’ambiance et c’était très sympa. On a parlé, on a ri, on a dit des bêtises, on a fixé une date pour la soirée officielle pour me dire au revoir avec plein, plein de gens et peut-être même des filles de la Rochelle, vous savez, celles qui ont la cuisse légère et la fesse à l’avenant. Même si je trouve ça étonnant qu’elles ne viennent à Bordeaux que pour une soirée. Bah, on verra bien.

J’ai alors dit que j’avais commencé d’écrire un discours que je dirai ce soir du 13 avril prochain. Et là, Virginie m’a demandé : « Tu veux qu’on le joue ? » Avec Aïssa, ils ont l’air d’avoir tellement aimé joué le sketch du 2 février pour le départ d’Audren… J’ai poliment refusé car un discours, ça reste personnel mais je leur ai proposé de leur écrire une trame qu’ils pourraient mettre à leur sauce pour me faire la surprise de jouer quelque chose pour moi et hier après-midi, alors que je tentais de faire la sieste sur la terrasse, j’ai eu plein d’idées, plein de fulgurances et j’ai pondu 10 pages.

Dix pages d’hommage à moi-même. Dit comme ça, ça peut faire prétentieux mais c’est pour être joué à trois personnages et j’avoue que si ça leur convient, moi, ça me plaît déjà de les imaginer en train de me le présenter. La surprise ne viendra pas des mots mais du cœur qu’ils mettront à le faire. J’ai hâte. Hâte qu’ils acceptent le texte et hâte qu’ils me le jouent et que tous les invités de la soirée rient avec moi. C’est vraiment étrange de s’écrire son propre hommage de son vivant mais que voulez-vous, moi, il ne faut pas me lancer un défi, quand il s’agit d’écrire, je ne suis jamais en reste.