Intrinsèquement, je ne sais pas si on n’est pas tous complices d’hypocrisie collective quand on souhaite bonne année à toutes ses connaissances : famille, amis, copains, collègues, vagues relations, médecin, boulanger, éboueurs, proctologue, ophtalmologiste, dentiste, facteur, poissonnier, caserne de pompiers du quartier, policiers, manifestants, employés de maison, auxiliaire de vie, aides-soignants, vegan, banquier, pharmacienne, gilets jaunes et casseurs réunis, voisins de palier, voisins du dessous, voisins d’autres résidences, patron, député, terroristes, infirmier, ambulancier, amant, maîtresse, cégétistes, numéros inconnus, défunts, sauveteurs, meilleur ami allemand, bon pote en Irlande, usagers anonymes des réseaux asociaux, fleuriste et autres fournisseurs occasionnels.

Pourquoi écris-je ça comme ça, dès le premier janvier deux mille vingt ? Parce que je sais, d’expérience, que beaucoup de gens envoient leurs vœux de façon groupée, sans aucune attention particulière aux gens à qui ils s’adressent. J’imagine très bien le fait de mettre trois mots : bonne année 2020 et de cliquer sur « envoyer à tout le répertoire » sur leur téléphone et ne même pas signer. J’avoue que je n’aime pas trop ça du tout. Mais je fais avec. D’autant qu’avec le président, nous créons des cartes personnalisées chaque fin d’année. Parce que pour nous, pour moi, c’est important, quand j’envoie mes vœux, de ne le faire qu’à une seule adresse qu’elle soit postale, téléphonique ou de courriel. Un petit mot pour chacun, ça me semble tellement plus sincère.

Et pourquoi parler d’hypocrisie collective alors que j’aurais pu parler d’hypocrisie active et d’hypocrisie passive ? L’hypocrisie active, c’est celle que j’ai évoquée dans le paragraphe précédent. L’hypocrisie passive, c’est quand on envoie des vœux à quelqu’un ou à un groupe de personnes à qui il arrivera un gros malheur dans les deux ou trois semaines qui suivent. Un gros malheur pouvant aller jusqu’à la mort. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais à chaque début d’année, sa catastrophe, naturelle ou non. Alors ma foi, sachez que si vous recevez mes vœux, j’espère que vous les prendrez pour ce qu’ils sont : des vœux sincères, pas du tout hypocrites, en tout cas, pas de façon active et que j’aime bien souhaiter la nouvelle bonne année à ceux que j’aime ou que j’aime bien.