Quelqu’un qui s’en va, ce sont des choses qui arrivent et moi, normalement, dans 7 semaines, je tirerai une belle révérence à tous mes collègues (même s’ils ne sont plus très nombreux) mais je préviens tout de suite : il n’y aura aucun rappel. J’avais besoin de faire cette mise au point, de préciser ça car il y a déjà eu des tentatives de « tu veux pas rester ? » ou « tu peux pas revenir, en avril ? » Non. Tel qu’on m’a posé la question, je n’ai pas envie de dire oui. Si encore on m’avait dit : « On aimerait vraiment beaucoup (et ce n’est rien de le dire) que tu restes encore un peu non pas tant pour l’excellent travail que tu fournis mais parce qu’on t’aime tellement que ça va être une déchirure si tu pars brutalement sans la promesse de revenir de temps en temps et puisque tu seras là, on sait que tu n’hésiteras pas à nous donner un coup de main si besoin. »

Là, peut-être que j’aurais pu me tâter un peu (surtout si je n’avais rien eu d’autre à branler) et j’aurais pu dire oui. D’ailleurs, c’est un peu ce que j’ai laissé sous-entendre quand mon directeur m’a demandé si je pouvais revenir après le 31 mars, via une société d’intérim. Je n’ai pas dit non mais je n’ai pas dit oui non plus. Et ça m’a travaillé car j’y ai beaucoup réfléchi et je me suis dit que bof, au point où j’en étais, une semaine de plus ou de moins, y verrais-je vraiment la différence ? Ben oui, surtout que là, on parlerait d’au moins deux semaines. Et en même temps, si je négocie un truc sympa du genre « OK mais vous me payez un mois complet pour quinze jours travaillés », tout est envisageable. Oui mais non, tout compte fait, dans ma tête, c’est déjà décidé, acté, validé que je pars le 23 mars (je prends une semaine avant la date officielle du 31) donc, je ne vois pas pourquoi je vais revenir (ni dans la boîte, ni sur ma décision)…

Tout ça parce que mon patron a tardé à procéder au recrutement. Et la dame qui doit venir me remplacer, une cougar de 53 ans qui se prénomme Martine, est toujours en poste ailleurs et elle a un préavis à effectuer et il se peut qu’elle ne soit pas disponible avant le 15 mars voire le mois d’avril. Je veux bien, moi, je veux bien tout ce qu’on veut mais là, j’ai envie de dire que ce n’est pas mon problème. Au départ de la négociation pour mon départ, on m’a proposé le 31 décembre dernier et ensuite « tu peux faire trois mois de plus pour former la personne qui te remplacera ? » Chef, oui, chef ! Et là, on m’annonce qu’elle ne sera peut-être pas là avant mon départ. Alors non. Parce que si je dis oui, on va me rappeler sans cesse. Dès qu’il y aura quelqu’un de malade ou d’absent et moi, travailler la nuit, c’est fini, F.I. fi, N.I., ni. Fini.