Eh bien voilà. Ça recommence. Je suis encore totalement décalé. Totalement à côté de la plaque. À croire que je n’ai rien compris à comment il fallait faire pour dormir intelligemment. Oui, oui, vous avez bien lu, je m’auto-flagelle en me prenant pour un con mais attention, uniquement par rapport au sommeil car pour le reste, ça va. Enfin, il me semble. En même temps (coucou, Manu !), on ne peut pas être juge et partie et on est très mal placé soi-même pour avoir une vision objective de sa petite personne. Ou de sa grande personne, quand c’est le cas. Il n’y a guère que les enfants qui sont sûrs d’eux. Et les égocentrés, si je ne m’abuse.

Là, il est 6h30, et alors que je suis en train d’écrire, je réalise que c’est un peu comme si je faisais une matinale d’infos : dans un instant, nous ferons un point météo et ensuite, ce seront les informations de cette fin de nuit. Mais comme prévu, tout d’abord, un point météo : « Oui, il fait nuit et donc, on ne sait pas s’il fait beau ou s’il fait un temps de cochon. » Si ça se trouve, il pleut et on n’est même pas au courant alors, s’il y a des courageux pour aller vérifier pendant que moi, je reste devant l’ordinateur au cas où une dépêche AFP tomberait… Ah ben non, ça ne marchera pas, je suis seul. Je ne peux pas être au four et au moulin.

Oui, je suis seul. Si ça se trouve, je suis le seul être vivant sur la terre à être débout depuis 5h15 sans avoir été obligé de se lever. Seul au monde. Il ne reste plus que moi. Alors ça va être très difficile pour moi de repeupler la planète tout seul. J’espère qu’on va en trouver quelques autres pour m’aider. Mais là, je me suis égaré. Je propose donc qu’on passe aux principaux titres des informations de ce lundi matin : « Sidération et honte devant les dégradations extrêmes faites à l’Arc de Triomphe samedi à Paris. Stéphane se sent seul au monde, nous écouterons ce qu’il a dit à notre envoyé spécial. Mais d’abord, une page de pub. »

Avec ma batterie de cuisine à poignées amovibles, je suis ravi car je peux avoir une poêle dans la main au lieu de la prendre par la queue. Ouais, parlons-en de ma batterie de cuisine. Ça fait deux ans que je l’ai achetée et je me suis rendu compte ce week-end que pour nettoyer mes poêles et casseroles, j’aurais dû retirer les poignées amovibles, ce qui ne m’est pas venu à l’esprit et maintenant, elles sont bloquées par le tartre. Justement, à propos de tartre, ne pas oublier mon rendez-vous chez le dentiste à 14h pour la séance annuelle de détartrage. Et nous retrouvons maintenant notre envoyé spécial.

Eh bien voilà, je crois que je suis le dernier survivant. Je suis seul au monde, très souvent, le lundi matin, avant 7h. Et être le dernier survivant de l’espèce humaine, c’est un peu lourd à porter, c’est ce que je dis aux autres, à chaque fois que ça m’arrive. Déjà que je n’ai pas un bon sommeil mais là, quand c’est la dernière nuit de mon week-end, pourquoi je n’arrive pas à accrocher tous les wagons ? Que voulez-vous que j’y fasse, c’est ainsi. Je vis en jet-lag permanent. C’est pourquoi je peux parfois être un peu en surchauffe. Bon, comme je l’ai écrit avant-hier, le bien étant l’ennemi du mieux, mieux vaudrait que j’aille me faire voir ailleurs, là.