Chouchou, je pense qu’il est temps qu’on se réunisse pour décider de ce que nous allons faire pour le blog, la semaine prochaine voire à partir de samedi. Je te rappelle que nous allons chez mes parents, samedi, que nous revenons avec eux à Bordeaux, dimanche soir et que nous passerons cinq à six jours à Biscarrosse, chez le patron avant de revenir à la maison et de les raccompagner chez eux, le dimanche suivant. Je sais ça fait beaucoup d’informations d’un coup mais je te fais confiance pour avoir non seulement tout compris mais aussi tout assimilé. Si tu n’étais pas intelligent, je ne t’aurais jamais embauché pour m’aider à vivre ma vie.

Alors, pour le blog, qu’est-ce qu’on fait ? On le ferme de samedi ou dimanche jusqu’au 17, environ ? On rediffuse certains billets anciens comme la télévision sait si bien le faire en été ? On écrit des billets d’avance comme ça m’arrive quand je ne pars que deux ou trois jours ? Voire quatre ou cinq, oui, aussi. Ou alors, je peux aussi sélectionner autant de poèmes que de jours d’absence et les mettre en ligne. En même temps, oui, hein ? Ça risque de créer une overdose. Tout le monde n’aime pas la poésie. Tout le monde n’est pas comme moi. Non, non, je ne parlais pas de mes propres poèmes, non, je pensais à ceux que j’aime bien.

On pourrait aussi dire que nous fermons pour travaux au lieu de dire que c’est pour congés. On pourrait dire que la concierge est sous l’escalier, si quelqu’un l’a tuée et a voulu se débarrasser de son corps. On pourrait dire que nous allons tout changer, faire un blog nouvelle formule avec un horoscope quotidien, des pages beauté, des pages modes, des recettes de cuisine et des potins sur les people. Oui, non, tu as raison, ça fait trop magazine féminin et moi, ça va vite me barber. En plus, ça n’est pas à mettre au tableau d’honneur de l’émancipation de la femme. Ou alors, mettre les programmes télé pour la semaine ?

Écoute, je te propose qu’on y réfléchisse à deux fois et comme nous sommes deux, avec un peu de chance, ça sera exponentiel et c’est comme si nous y aurons pensé quatre fois. Et on se revoit demain pour faire la synthèse. On s’appelle et on se fait un opéra- bouffe ? Oui, c’est ça, la culture. Ça permet de sortir du lot, tu as tout compris. En tout cas, moi, j’ai déjà ma petite idée pour le blog. Surtout, surtout, qu’il ne faut pas perdre de vue, comme dirait Gilbert Montagné, que nous approchons à grands-pas du deux-millième billet. Ah tu ne le savais pas ? Eh bien, tu vois je te le dis. Entre nous, pas de secret, hein ?

Bon, écoute, là, je vais te laisser quartier libre jusqu’à la prochaine fois que j’aurai besoin de toi. J’ai deux ou trois choses à faire que je peux assumer seul. Et puis ça nous fait du bien de ne pas être tout le temps ensemble, tout le temps l’un sur l’autre, il faut savoir se faire des moments de solitude. Allez, un bisou si tu veux et surtout, réfléchis bien à ce que nous venons de dire, ton avis m’importe. Beaucoup plus que tu ne peux le croire. Si tant est que tu puisses croire ça. Ou pas. Oui, je suis un peu speedé, là. En même temps, je le suis toujours, ça ne change pas. Je cours contre la montre. Surtout les lundis, en général. C’est comme ça.