Avant de déjeuner, comme j’ai peu et mal dormi, cette nuit, à peine un peu plus de 3h30, j’ai choisi de me poser délicatement dans un fauteuil relax bleu sur la terrasse. En plein soleil, celui d’avant le milieu de la journée, quand il est encore bon, celui quand il est encore doux, celui quand il est encore supportable. Sauf que contrairement à ses apparences, il était plus chaud que ce que j’avais cru. Il m’a eu, le coquin et il m’a un peu cuit les jambes, le ventre, les bras et la tête, alouette.

Alors, je suis rentré me mettre à l’abri de toute chaleur intempestive en me mettant sur le canapé histoire de me remettre de mes émotions professionnelles : se lever, y aller, y reste quelques heures, s’y impatienter et en repartir pour mieux en revenir et mieux y retourner demain mais demain sera un autre jour. Et là, j’ai eu tendance à piquer un peu du nez. Parce que je devais avoir faim et que la faim cumulée à la fatigue, moi, ça me met à plat. Comme les œufs. Quand ils sont crevés, eux aussi.

Et puis, et puis, et puis vint l’heure du repas. La salade du midi avec les fromages variés pour suivre et le yaourt du président. Moi, je mange toujours mon dessert après être levé de table, le midi et le soir, quand nous ne sommes qu’entre nous. Et là, j’ai regretté mon moment quasi horizontal d’avant le déjeuner car soudain, comme chaque midi, le vent s’est levé au moment de se mettre à table et c’est tout juste si nous n’avons pas eu un peu frais. Mon corps s’est un peu refroidi pendant que je mangeais.

Alors, ni une, ni deux, ni trois ni même encore plus que ça, dès le repas terminé, les affaires rangées, pendant que le président est resté à l’intérieur, comme Gérard Collomb pendant que moi, après être allé voir si j’avais reçu du courrier, au rez-de-chaussée, je suis remonté au cinquième avec Télérama que j’ai un peu fébrilement ouvert dans l’ascenseur. Et je me suis jeté de nouveau dans mon fauteuil relax bleu d’avant le déjeuner. Tiens, te revoilà, m’a-t-il dit en m’ouvrant ses bras.

Et là, j’ai recuit. J’ai failli devenir bis-cuit. Et je n’ai pas pu rester outre mesure. Au bout d’un temps certain, j’ai dû me résoudre à revenir vers le canapé et mes coussins d’Amérique. J’ai donc abdiqué, j’ai laissé mon royaume du soleil à qui en serait capable, c’est-à-dire personne parce que c’est mon fauteuil et pas celui de n’importe qui. Et là, je vais rester dans l’ombre, fuir la lumière et me laisser aller. Et s’il le faut, vraiment s’il le faut, je fermerai les yeux et je vais voir si je retrouve Morphée.