À vrai dire, plus que d’avoir eu mal physiquement, c’est vraiment le choc psychologique qui m’a mis à plat, depuis l’incident d’hier. Je me suis hébété. Je m’hébète tout seul. Je suis abasourdi. Je me sens lent et lourd. Comme si j’étais orageux moi-même. Il faut que ça passe ou que ça casse mais je sais que ça va passer. Il faut juste un peu de temps, un jour ou deux, sans doute. Le temps que ça s’amenuise parce que d’autres choses vont m’arriver. Et prendre la place de ça. Et puis n’y a-t-il pas de contrecoup ? Ne suis-je pas le sujet d’un contrechoc ?

Ça me donne un air fatigué. Comme si j’étais fatigué dehors et dedans. Et la fatigue intérieure, c’est comme la beauté du même nom, c’est sans doute celle-ci qui compte le plus. Si encore cette claque pouvait me permettre de gagner un trimestre voire un an pour partir en retraite et m’isoler, me reclure de ce monde violent, m’enfermer dans mon château for intérieur et attendre le moment adéquat pour en sortir. À moins que… à moins que… à moins qu’un jour, mon prince viendra sur son beau cheval blanc et… mais non, pas du tout, je suis en train de perdre la tête.

Un effet secondaire d’hier ? Un effet secondière, en quelque sorte. Non, je n’ai rien d’une princesse. Pas même dans mes côtés féminins. Je suis juste un mec banal qui n’aime pas qu’on transgresse les lois et qui a du mal avec le monde qui l’entoure. Un mec un peu barré, parfois mais surtout sonné, aujourd’hui. Sonné, sonné les mâtines… comme quelque chose qui cloche en ce bas-monde. Et qui n’est pas prêt de s’arrêter de clocher. Revenir en arrière ? Ma pauvre, si tu savais… Si seulement c’était possible ! On fait avec les claques qu’on prend dans la vie. Ça sert peut-être à quelque chose.