C’est fait de tout petits riens… Oui, comme je le disais hier, les choses évoluent et ce qui a été n’est plus tout à fait pareil. Le temps fait son travail et ce qui n’était que de l’émotionnel à fleur de peau est en train de tomber progressivement dans le raisonné. Ça n’enlève rien à ce qui s’est passé, à ce que j’ai vécu mais je relativise un peu. Je me dis que ça aurait pu être pire. Et que pour d’autres, c’est déjà pire. Alors, finalement, je ne m’en tire pas si mal que ça. Hormis ce qui est déjà un mauvais souvenir mêlé d'un sentiment d’injustice. Et d’incompréhension. Et je me suis promis d’être plus attentif, la prochaine fois, pour ne pas provoquer des cons. La seule chose, c’est de savoir quand ils sont cons ou pas.

Ce matin, ça a failli recommencer mais je suis comme les chats, moi, quand je viens d’être échaudé, je crains l’eau froide. Et pourtant, il ne pleuvait plus, à 3h10, ce matin, à Bordeaux. J’ai pris ma voiture pour me rendre à mon travail et là encore, un véhicule bloquait l’accès aux quais. C’était une bagnole pleine de jeunes qui devaient rentrer de faire la fête. L’un d’eux a bien tenté de s’en sortir, à l’arrière mais avec beaucoup de peine, laissant passer un feu vert. Et un autre a voulu en faire autant avant de se raviser puis de changer d’avis encore une fois. Je me suis beaucoup retenu, vous savez, car si je m’étais écouté et si j’avais été baraqué comme Teddy Rinner, je serais sorti leur dire deux mots, moi, à ces jeunes.

Et pendant ce temps, un deuxième feu vert est passé sans que je ne puisse avancer d’un mètre. Et à un moment, j’ai klaxonné, juste comme pour dire « c’est vert ! » mais rien n’y a fait, ça a continué de se parler, celui de dehors à ceux de dedans. Et j’ai vu un troisième feu vert passer. Alors là, le bouilli a commencé à me rendre nerveux, du coup, j’ai décidé de faire les 200 cents mètres en marche arrière pour rejoindre la route qui allait me mener à mon boulot, hei hi, hei ho. J’ai klaxonné plus fortement histoire de montrer que j’en avais assez et j’ai reculé. J’ai entendu des invectives « on a le temps, faut pas se presser, papy » et autres conneries. J’ai ravalé ma hargne. C’est tout. Mais je n’en ai pas pensé moins. Et depuis, j’ai mal au crâne. Ce n’est pas malin.