Aujourd’hui, j’ai pris une grande décision, je ne vais pas aller travailler. Je vais me faire porter pâle. Je vais faire une journée buissonnière. Je vais me planquer. Je vais rester dans mon coin et fermer les yeux pour ne plus penser à rien, pour ne plus ni voir, ni entendre, ni sentir le monde qui m’entoure.

J’ai choisi d’aller m’enterrer dans un trou le temps de dormir pendant tout ce mercredi bien trop chaud pour moi, je le sais déjà. Dormir dans un coin où je serai seul et sans risque d’être dérangé. D’un sommeil le plus profond possible. Sans possibilité de ressentir quelque chaleur que ce soit.

J’ai décidé ça presque sur un coup de tête. Je suis déjà quasiment prêt. Il ne me reste plus qu’à prendre une douche pour m’hydrater. Je vais partir le plus légèrement possible : mes clés, un livre au cas où, mon téléphone que je vais pourtant éteindre et c’est tout. Même pas ma montre. Non.

Je vais partir dormir dans un endroit où on ne rêve pas. Un endroit où l’inconscient et le subconscient sont obligés d’abdiquer à minima. Un pays où le sommeil est obligatoire. Où c’est un devoir et un droit. Comme de voter, en France. Et moi, quand même, je suis obéissant. Je suis un bon citoyen.

Mais le bon citoyen a envie d’une pause. Envie de silence. Envie de rien. Aujourd’hui est un jour qui n’existe pas pour moi. Sauf imprévu. En dehors de ça, rien. Je n’ai pas grand-chose à dire d’autre. Il est 7h45, je me sens un peu fatigué. Comme anesthésié. Pourtant, pas encore. Mais ça va venir.