Il y en a, quand on pense à eux, ça fait du bien et je ne parle pas forcément de son conjoint, de sa meilleure amie ou de son meilleur ami ou de certains membres de sa famille, non, je parle aussi de celles et ceux qui sont parfois, souvent moins proches mais présents quand même. Et la plupart du temps (ou de temps en temps), à leur corps et à leur esprit défendant. J’en veux pour preuve certain(e)s collègues de travail. En tout cas, en ce qui me concerne. Et là, j’ai envie de parler d’eux, à mots couverts et à discrétion.

Il y en a, quand on les aime bien, on les espère, chaque matin de jour ouvré. On les attend. On sait qu’on va les voir et si on commence avant eux, on a comme un petit réveil dans la tête et on sait à quelle heure ils arrivent. D’habitude. Et quand l’heure se dépasse, on sait qu’il y a un peu (ou beaucoup) de retard mais on fait avec, on tient le coup, surtout quand le moment n’est pas le meilleur qui soit. On tient le coup parce qu’on sait qu’ils vont venir, qu’ils vont arriver. Et que ça nous fera du bien de les voir. Même si on n’échangera pas beaucoup plus que les jours précédents.

Pas forcément besoin d’être très intime avec eux pour se sentir bien dans les rares et courts moments qu’on a l’occasion de partager, bien souvent d’abord pour des raisons professionnelles et parfois, on dérive vers des choses plus personnelles et on se dévoile un peu et ça fait chaud au cœur que l’autre ait pu nous écouter et ça nous fait plaisir d’avoir pu écouter l’autre, à propos d’autre chose que celles du quotidien. De la routine. Un coin de ciel bleu dans une immensité morne et grise. Un peu de couleur dans quelque chose de terne.

Je connais ça, régulièrement, j’ai plein d’exemples, depuis 35 ans que je travaille dans des entreprises. J’ai connu ces espèces de chamades pour des gens qui ne sont là que quand on vient travailler, qu’on ne voit pas en dehors et qu’on ne reverra sans doute jamais plus le jour où nos chemins se sépareront. Dans un monde parfait, ça peut arriver, ponctuellement, nous arrivons à partager un peu et ça permet d’engranger des souvenirs en commun, si ténus soient-ils. Sinon, il m’arrive d’en inventer, qui me font tout autant de bien.

En ce moment, je connais ça et j’avoue que quand arrive l’heure de son arrivée ( ! ), je le sens. Et quand nous nous disons bonjour, ça me fait comme un petit rayon de soleil dans cette fin de nuit qui m’entoure. Il est assez rare que nous communiquions réellement, que nous communions même vaguement mais ça me fait plaisir qu’on passe encore quelques heures au même endroit. Je n’ose pas dire « ensemble » car ça ne serait pas vrai. Ça me procure des petits moments de plaisir voire de petits bonheurs et j’aime ça. Un peu comme du carburant pour continuer d’avancer la tête haute. 

À Martin, Émilie et Laurent (entre autres)