Ai-je simplement le droit de dire, d’écrire ça ? Oui, je le pense. J’ai mal à mon Amérique. J’ai mal à mon rêve américain. Toutes proportions gardées, j’ai la désagréable impression de me retrouver comme le matin du 22 avril 2002, chez nous en  France. J’ai mal à la tête, un peu comme si j’avais la gueule de bois. Vox populi, vox dei. Dont acte, alors. Oui, dont acte mais ça n’est pas de gaieté de cœur.

Je reste persuadé qu’il ne va pas relever le niveau et que, contrairement à ce qu’il a voulu laisser croire, il ne fera pas mieux que les autres, bien au contraire. Et c’est là où le bât blesse, pour mo : (et je ne dis pas ça parce que je ne pense pas comme ceux qui ont voté pour lui), mais comment et pourquoi peut-on en arriver à élire un tel président. Avait-on besoin de quelqu’un comme lui ? Objectivement ?

Bien sûr, on peut se tromper et il peut nous surprendre. On peut lui laisser le bénéfice du doute mais ce bénéfice-là, c’est évident qu’il va vite être noyé dans ceux, les siens propres, qui ont fait de lui un homme puissant uniquement par l’argent mais pas celui qu’on gagne à la sueur de son front, non, celui qu’on gagne « facilement », qui n’est pas le produit d’un travail. Zut, ça fait réac de parler comme ça mais tant pis.

J’en ai mal à la tête, ça me donne le tournis car j’ai l’impression qu’on est entré dans une nouvelle ère, une transition décadente, tout fout le camp mes bonnes dames et mes bons messieurs. Venez, mesdames et messieurs, on va brader la planète et brader l’être humain. Vous n’aurez plus de raison de penser à quoi que ce soit, on s’occupe de tout. Vous allez être très dociles, c’est tout ce qu’on vous demande.

J’ai peur de ça. J’ai peur des conséquences de ces replis sur soi qu’on constate un peu partout. Comme au Royaume Uni avec le Brexit. Comme l’élection du nouveau président américain. Là, si je n’étais pas à mon travail, je retournerais me coucher. Pour cent ans. Comme la belle au bois dormant. Et peut-être qu’un prince charmant viendrait me réveiller d’un doux baiser plein d’amour. Un prince charmant, j’ai dit.