Oui, un coup de foudre au travail. Je n’aurais jamais cru que ça arriverait mais c’est arrivé. Avant-hier, pour ceux que la précision intéresse. Avant-hier vers 15h. Je n’y étais plus, car je débauche toujours entre midi et 13 heures, sauf cas exceptionnel. Et le lendemain matin, en arrivant, à 4h, à peine, alors qu’il faisait encore bien nuit et  bien fraîchement humide pour une mi-juin, on m’a sauté dessus en me demandant si j’étais au courant. Au courant de quoi ? Au courant que la foudre est tombée sur le bâtiment où il y a les serveurs pour l’informatique et tout a sauté depuis hier après-midi et on n’a plus de logiciel commercial pour travailler. On attend qu’on vienne réparer tout ça. On a tout fait à la main, cette nuit. Et donc, on allait prendre du retard. Un jour. Peut-être deux. Peut-être plus.

Non, je ne m’attendais pas à ça. Et vous non plus, j’imagine. Vous avez dû tout de suite penser qu’il s’agissait d’une histoire d’amour naissante dans le cadre du travail. Ou d’une histoire de cul. Mais c’est vraiment sans compter que moi, je ne couche pas dans le boulot, en ce qui me concerne. Je ne couche jamais au boulot. Éventuellement, si quelque chose doit arriver, on le fait debout mais jamais couchés. Non, blague à part, c’est grave car un peu plus tard, hier matin, on a appris que l’on ne pourrait récupérer que les données jusqu’au 3 juin. Que deux semaines allaient être définitivement perdues. Qu’on allait transpirer pour tout récupérer car il nous faudrait tout ressaisir.  Je ne sais pas pourquoi mais là, je me suis senti un peu visé. Je savais qu’on allait me demander de participer.

J’ai fait profil bas car de toute façon, je savais que si on avait besoin de moi, je répondrais présent. Mais le plus urgent, hier midi, c’était d’être au pot de départ d’un collègue dont la mère avait préparé un festin de bouchées salées et sucrées, un truc digne d’un traiteur. Sauf qu’à cause de la foudre, comme on n’avait plus de serveur, chacun s’est débrouillé. Et hier après-midi, après mon départ, presque tout a été réparé. Je dis presque tout car du 3 au 16 juin, tout était perdu. Factures clients comprises. Ce matin, j’ai rattrapé la journée du 16. Entièrement. Ça m’a pris plus de 8 heures. Du coup, là, je suis crevé. Et je peste contre cette action syndicaliste contre nos serveurs. La foudre devait être à la CGT, sans doute. Elle a cherché à nous nuire. Et c’est réussi. Y en a marre.