Tout à l’heure, au bureau, je voulais faire une photocopie. À moins que cela ne soit envoyer un fax. Je ne me souviens déjà plus, mais peu importe car j’étais devant la même machine, une imprimante-télécopieur-numérisateur, le genre de gros truc baraqué que si vous le croisez dans la rue à trois heures du matin, vous ne demandez pas votre reste et vous vous écartez pour le laisser passer. Mais moi, celui du bureau, je le connais bien maintenant. Je le fréquente assidûment quatre à cinq jours par semaine. Normalement cinq mais en ce moment, comme je récupère mes samedis, c’est plus souvent quatre. Oui, c’est ainsi.

Donc. J’en reviens à des choses plus prosaïques. J’ai failli dire « des choses plus gravidiques » mais comme ça n’avait rien à voir avec le sujet du jour, j’ai préféré pas. Vous me comprendrez aisément. Sinon, je sais que ça perturbe la plupart d’entre vous. Déjà que vous n’êtes pas nombreux, si en plus, y en a plus de la moitié qui ne suit pas, je vous dis pas le malaise. C’est comme ça, quand on est méconnu. Ou mal connu.

Pardon ? Oui. Donc. J’avais soit un fax à passer, soit un bon de livraison à photocopier. À moins que cela n’ait été une facture. Mais je crains de ne partir encore une fois (de trop) dans des méandres qui nuisent à la rectitude que je me dois d’appliquer dans ce blog. Mettons une fois pour toutes que je voulais photocopier un document avant de le passer par fax. À un client. À moins qu’il ne se soit agi d’un fournisseur…

Non, non, vous avez raison, je digresse à tort et à travers et cela nuit à la compréhension de mon propos. Donc, j’appuie sur le bouton copie, celui qui est allumé en vert et rien de se passe. Qu’à cela ne tienne, pensé-je illico, je vais d’abord l’envoyer en fax, je le copierai ensuite. Et là, je cherche la bonne lettre pour appuyer sur le bon nom (on a mémorisé la plupart de nos contacts) et là encore, rien ne se passe.

Alors moi, vous me connaissez, je suis plutôt du genre vif pour ne pas dire rapide. Je me dis qu’il y a un problème et je regarde mon doigt. Il semble ne rien avoir et pourtant, il faut bien que je me rende à l’évidence, mon doigt ne marche plus. Ne voulant pas être le centre d’intérêt de mes collègues, je fais celui qui a terminé, en sifflotant un air de rien et je retourne à mon bureau et là, je regarde encore mon doigt. C’est fou comme il a l’air normal. C’est pourquoi je ne comprends pas pourquoi il ne fonctionne plus.

Je le porte à mon nez pour sentir s’il y a quelque chose à sentir. Rien. Il sent le doigt. Tout bêtement et tout naturellement. Et là, j’ai l’idée lumineuse du siècle à venir, je vais le tester sur autre chose pour voir si c’est plus lié à la technique ou à l’émotionnel. Je l’approche un peu plus de ma narine droite et là, je ne sais pas pourquoi, ça marche pas non plus. Et ne me dites pas que c’est parce que je n’ai pas osé me mettre le doigt dans le nez quand j’ai vu mon patron entrer dans le bureau.

J’ai fait contre mauvaise fortune bon cœur et comme je n’aime pas remettre à demain ce que je peux faire le jour même, dans mon travail, j’ai attendu que la voie soit de nouveau libre et je suis retourné à l’imprimante. Et là, ouf, ça a remarché sans qu’on sache plus pourquoi. En tout cas, ça me rassure. Parce que des ennuis techniques, passe encore, on ne peut pas tout maîtriser. Mais un de ses doigts, quand même. Ils sont pas censés nous obéir à l’œil sans qu’on les mette dedans ?