C’est dans le cadre de l’esprit du piano que nous sommes allés assister à un concert à l’Auditorium de  Bordeaux, hier soir, avec le patron. Les virtuoses étaient : Vadim Repin violoniste et Boris Berezovski, pianiste. Un concert de deux musiciens pour présenter des œuvres de Debussy (franchement ? Je ne suis pas très fan… même si l’ensemble des mots « sonate pour violon et piano », ça peut être attirant… d’ailleurs, comme déjà je n’ai pas trop aimé cette partie-là, mieux valait quand même que cette sonate soit pour violon et piano car ils étaient violoniste et pianiste. S’ils avaient été violoncelliste et saxophoniste, ça n’aurait pas eu le même rendu du tout et peut-être que ça m’aurait alors mieux plu, allez savoir…)

Ensuite, nous avons eu des préludes de Dmitri Chostakovitch : les préludes opus 34, n° 12 et 6. Là, j’ai beaucoup aimé, je me suis laissé emporter par la musique, les envolées et en fermant les yeux, ça tutoyait même le divin. Mais je voudrais apporter une précision pour les béotiens : on n’est  pas obligé de les jouer dans l’ordre et on peut même en sauter. La preuve ? Hier soir, on a eu doit au 12 avant le 6 et rien entre les deux. Et concernant le fait que ces préludes soient opus 34, je voudrais m’assurer que personne n’a cru qu’il s’agissait de partitions achetées en brocante dans un marché aux puces, stand numéro 34. Ça n’a rien à voir du tout. Je sais qu’elle est facile celle-là, mais on ne sait jamais, il pourrait y avoir des fans de Jean-Luc Reichmann qui me lisent. Non, je déconne.

Pendant l’entracte, de vingt minutes, pendant lesquelles je suis resté dans la salle, je me suis mis à imaginer quelque chose. En voyant trois personnes qui, voulant aller du côté gauche au côté droit, ont préféré venir dans la rangée où j’étais, avec d’autres personnes, en nous obligeant à nous lever pour les laisser passer au lieu de contourner par le devant, juste au pied de la scène. Je n’ai rien dit car ils étaient trois et même s’il y avait deux femmes dans le lot… Donc, j’ai imaginé que ça pourrait créer un murmure de surprise de venir à l’entracte et de traverser la salle dans un déguisement un peu marqué comme celui des divas pour le Duo des Chats avec ma cousine, en janvier 2013. Une idée à retenir. Comme ça, juste pour voir comment réagiraient le public.

Après ces vingt minutes d’attente et de dérangement, le concert a repris et nous avons eu le plaisir d’entendre du Stravinsky (Divertimento) et ce fut encore un grand beau moment plein de notes, de mélodie, d’autres envolées, de moments un peu calmes et d’autres, plus enlevés. Vraiment, ce fut un petit bonheur. Et comme son nom l’indique, c’était très divertissant. Si ça s’était appelé Rejouimento, j’aurais pu écrire que c’était réjouissant, mais je ne suis pas du genre à écrire n’importe quoi, en règle générale. Mais le plus incroyable, c’était de ressentir combien le fait d’avoir été élève  à Novossibirsk pouvait se faire entendre à travers l’interprétation de Vadim Repin. À moins que cette phrase ne soit là juste que pour meubler ce paragraphe et sortir un nom de ville sibérienne.

La fin du concert nous a présenté la sonate pour violon et piano op.18 de Strauss. Encore une fois, je ne peux que dire mon ravissement à entendre ce morceau. Et j’aimerais ajouter les dernières précisions que je me sens autorisé à faire : comme pour celle de Debussy, c’était une grande chance que ce soit pour violon et piano mais surtout, comme pour celle de Debussy, j’ai nettement préféré cette sonate alors que celle de Debussy, non merci pas vraiment. Et pour les béotiens qui seraient encore là, on ne sait jamais, quand on dit : sonate op. 18, ça ne veut pas dire qu’on passe directement au numéro 18 du genre « hop, 18 ! », non, non, c’est toujours que c’est le numéro 18. Normalement, on aurait dû avoir du Ravel au lieu du Debussy. Une autre fois, peut-être.