Cette fois, les vacances sont bien finies, f-i, fi, n-i, ni et il ne faut pas oublier l’accord au féminin pluriel pour autant. Et les choses ont repris leur cours habituel pour ne pas dire routinier. J’en veux pour preuve que dès ce matin, j’ai fait l’ouverture de chez Auchan pour faire mes courses après avoir fait mes menus pour la semaine. J’avais déjà acheté les fruits et les légumes au marché, hier matin et là, il ne me restait plus que des compléments à prendre dont de l’épicerie, des produits laitiers et des bricoles. J’ai retrouvé les journaux gratuits place Pey Berland. J’ai retrouvé les trams bondés du lundi matin. Et j’ai retrouvé une ambiance de septembre qui se prend pour un mois de novembre. Bref, de quoi se dire que malgré tout, ça aurait été mieux sans tout ça. Mais on ne fait pas toujours ce qu’on veut et il faut bien faire bon cœur contre mauvaise fortune. C’est ce que je fais. De toute façon, ça fait déjà plusieurs jours que je pratique cet exercice. Je commence à m’y habituer.

Quand nous étions aux Sables, le matin, je me levais et j’allais jeter un œil dehors et je voyais l’océan. Et même si parfois, la mer, elle était partie, globalement, j’avais toujours un œil sur elle, de loin et j’appréciais quand elle rentrait, quand elle revenait, parfois à pas d’heure, comme Pomponnette après ses errances. Le plus étrange, c’était quand elle rentrait au petit matin après une nuit où elle était partie on ne sait où et on ne sait avec qui. Mais la mer, on lui pardonne toujours. Justement, parce qu’elle revient toujours. Comme l’automne, les feuilles mortes et la pluie un lundi matin de septembre, la veille du jour du retour à son travail. Cette année, l’automne a joué comme la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf et il a voulu jouer au plus fort avec l’été. Il semble qu’il ait gagné. Ce match est nul. J’aurais aimé avoir encore quelques rayons de soleil, pas forcément de la grosse chaleur, non, juste quelques rayons de soleil en plus. Pour le moral. Parce que ce matin, ça me fait tout drôle, j’ai l’impression que mon cœur est à marée basse.

En plus, hier soir, je suis tombé de ma chaise et d’autres de leur piédestal. Je dis d’autres au pluriel pour brouiller les pistes mais je vise quelqu’une en particulier. Quant à l’autre, nous ne parlerons même pas de lui. L’indifférence restera donc bel et bien le meilleur des mépris. Quant à ma désillusion la concernant, elle me coûte cher dans mon cœur. J’ai quitté une femme que j’estimais et que j’aimais beaucoup, il y a deux ans et j’ai retrouvé une vieille dame même pas indigne (sinon, elle m’aurait amusé) mais aigrie et même méchante. Comme si Carabosse était entrée en elle et puis bon, ça fera partie de mes douleurs mais je m’en remettrai. J’aurai quelques regrets, un peu de colère retenue (je ne suis pas le seul) et je garderai plutôt l’image d’elle, d’il y a deux ans, à l’aube de son quatre-vingt-dixième anniversaire et ma foi, si je veux voir une vieille méchante qui me fait rire, je visionnerai plutôt Tatie Danielle, parce que là, avec Tsilla Chelton, au moins, il y a du talent.  Voilà, je suis beaucoup en colère, un peu triste, comme le temps. J’ai le cœur à marée basse.