Ce week-end, j’ai composé mon premier vrai haïku. Depuis le temps que j’en avais envie, je m’y suis enfin mis et si le résultat n’est pas tout à fait à la hauteur de mes souhaits et de mes exigences, je dois reconnaître que ça aurait pu être bien pire. Le problème, ce sont les contraintes et même si j’aime ça (je suis un masochiste de la langue française), ça reste très difficile quand on veut respecter les règles de base. Composer un haïku, c’est déjà n’écrire que trois vers de respectivement 5, 7 et 5 syllabes, 17 en tout. Pas une de plus, pas une de moins. Et c’est sensé parler de la nature ou du moins, de l’évoquer. Et il faut qu’il y soit question, en évidence ou par des sous-entendus, d’une des quatre saisons. Ça doit se lire en une seule respiration, sans ponctuation, calmement mais d’un trait.

Après, il y a d’autres spécificités à respecter comme le fait d’utiliser une césure à la fin de la première ou de la seconde ligne mais attention, une seule césure, pas deux. Je m’arrête là pour les règles qui ne sont que sur la forme et le fond, les règles de base. Et je m’y suis mis. À force d’en lire, ponctuellement, ça m’a donné envie et presque besoin d’en écrire au moins un. Je me suis fourvoyé avec un premier jet qui comportait trop de syllabes mais qui répondait vraiment à ce que j’avais envie de dire et j’ai repris le même texte, la même idée pour l’écrire différemment, plus en adéquation avec les règles à respecter. Et comme j’ai voulu aussi garder mon style (oui, Jean-Michel, j’ai un style et je ne parle pas du vestimentaire, je parle de ma façon d’écrire, un peu spontanée…)

Oserais-je publier le résultat de mon travail (mine de rien, ça m’a pris du temps car j’ai tourné les mots dans plusieurs sens) ? Ben oui, sinon, je n’en aurai pas parlé autant dans les deux paragraphes précédents. Alors voilà la version non conforme :

L’oiseau ne choisit pas la branche

Sur laquelle il se pose

Pas plus que le fruit n’y pousse

Et voici à peu près la même idée en version conforme (ou presque conforme) :

Quand il se pose

La branche choisit l’oiseau

Mais jamais le fruit

Tout ça m’a été inspiré par un merle qui vient cueillir une prune par jour, dans le jardin de Cabirol, qui la fait tomber sur les dalles de l’allée et qui la picore comme dans un pique-nique.

L’été, le merle

Fait rouler les prunes

Une par une