Est-ce que j’ai perdu la main ou est-ce que certaines contraintes oulipiennes sont nettement plus difficiles que d’autres ? J’en veux pour preuve que la dernière fois, le 6 février dernier, je n’ai pas eu trop de mal à écrire mes trois paragraphes « à supposer » mais il est vrai aussi que pour le coup, cette contrainte-ci est relativement simple et accessible au commun des mortels. D’ailleurs, au sujet de ces « à supposer », je voudrais revenir un instant dessus car, comme Mymy me l’avait signalé, elle n’avait pas compris où se situait l’astreinte et si je lui avais écrit personnellement (avec un autographe), je me dis que je pourrais aussi expliquer ça à tous les autres lecteurs et trices. Et en préambule, je voudrais juste dire que l’OuLiPo permet et exige la manipulation de textes inventés ou déjà existants.

Ces travaux se font uniquement sous forme de contraintes, de règles bien définies et imposent des rigueurs qui donnent pourtant très souvent des résultats bien amusants. Les acrostiches sont considérés comme des contraintes oulipiennes (poèmes dont chaque lettre de chaque début de vers compose  un mot ou une phrase) même s’ils n’ont pas été créés par OuLiPo. Les palindromes aussi, sont oulipiens (mots ou phrases qui se lisent de gauche à droite et de droite à gauche.) Je connais ce « mouvement » depuis une quarantaine d’années et j’ai beaucoup travaillé sur le sujet, quand j’étais plus jeune et là, ça me reprend, j’ai des envies de manipulations, j’ai des envies de torsions et j’ai des envies de discipline. À bon entendeur, salut. Attendez, non, je n’ai pas terminé mon billet, ne partez pas, s’il vous plaît.

Donc, « À supposer », est une contrainte pour texte en prose ou en vers avec une et une seule phrase qu’on développe du début à la fin en excluant toute ponctuation autre que des virgules, des points-virgules et des parenthèses. Je n’entre pas plus dans les détails mais je reconnais que j’ai été un petit joueur, le 6 février mais bon… Aujourd’hui, je voudrais juste vous présenter ma dernière création, un abécédaire contraint. Et je suis heureux de l’avoir fait même si, encore une fois, le résultat est un peu au détriment du sens mais avec OuLiPo, ce n’est pas le sens qui prime. S’il y en a, c’est comme une cerise sur le gâteau, sinon, tant pis. Au bordel : cent doigts engourdis, farinés grossièrement ; huit imperfections jaunies, kaki, lancées malgré neuf omissions partagées. Quand reviendra son tour ? Un vaccin wallon ? X yoyos zodiacaux.