Désormais, moi, Stéphane Premier (c’est plus chic que Stéphane 1er), en l’an 1 de ma dictature, je viens de décréter les choses suivantes : désormais et dorénavant, les manifestations systématiques seront interdites entre le 1er mars et le 28 février et donc, pas conséquence, elles ne seront autorisées uniquement les 29 février, journée décrétée « journée nationale de contestation » et donc, chaque événement social devra être annoncé dans les 3 ans, 11 mois et 20 jours (c’est-à-dire jusqu’au 20 février de l’année bissextile pendant laquelle il y aura évidemment un 29 février) afin de permettre à tous nos concitoyens (et pas que les cons, les autres, surtout) puissent prendre des mesures : participer à la manifestation ou ne pas y aller. Moi, je conseille de ne pas y aller mais bon…

Oui, je conseille de ne pas y aller mais c’est ma propre opinion et que vaut celle d’un dictateur fraîchement nommé au suffrage ultra-universel  (je n’ai pas osé écrire intersidéral mais j’avoue y avoir pensé, juste un peu, juste histoire de rosir de plaisir…) ? Ensuite, chaque manifestation devra se dérouler à visage découvert, dans le silence et le respect de ceux qui ne sont pas d’accord avec ceux qui ne sont jamais d’accord. Aucun pétard (ni explosif, ni de marijuana) ne sera toléré, aucun fumigène et aucune arme quelle qu’elle soit ne seront acceptés. Les seuls projectiles qui seront validés seront des tubes à faire des bulles de savon transparentes, on pourra juste en choisir la taille en fonction de son degré de mécontentement et/ou d’insatisfaction. En plus, ça sera plutôt joli.

Ça sera plutôt joli et totalement inoffensif. Au pire, il y aura des manifestants qui auront un peu de savon dans les yeux car parfois (et même souvent), les bulles finissent par éclater. C’est un point de détail, ne nous appesantissons pas sur lui. Ensuite, faire des câlins entre manifestants et policiers sera plus que conseillé et on pourra même y mettre la langue à la condition que c’est réciproque mais aucun acte sexuel en public sera toléré pour des questions de décence. Enfin, les seuls slogans revendicateurs qui pourraient être clamés ne le seront que pendant le temps de cuisson des œufs durs, soit un peu plus de 9 minutes et ce, dans des salles capitonnées avec un système d’écho qui tournera en boucle pour énerver ceux qui les auront criés, ces slogans. C’est bien, tout ça, non ?