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C’est assez rare que j’aille assister à un spectacle de quelqu’un que je connais peu ou mal, surtout pour ce qui est de la musique, qui plus est de la chanson, parce que pour tout ce qui touche à l’opéra, le baroque ou le classique, évidemment que je vais surtout écouter des choses que je ne connais pas vu que ça ne fait qu’une dizaine d’années que je m’y suis mis. Hier soir, j’ai osé aller voir Camille sur scène, au Femina. Et si je m’attendais à être surpris, je n’ai pas été déçu. Pas déçu du tout. Dès le début, peut-être même avant le début, pendant que le public prenait place avec une certaine nonchalance qui avait tendance à m’énerver, on entendait quelques gazouillis d’oiseaux, de temps en temps et sur scène, tout était prêt, caché sous des grands pans de tissu bleu.

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Pour le premier morceau, il n’y avait qu’une rythmique d’une main sur une espèce de peau de tambour suspendu comme une lune dans le ciel et on a entendu la voix de Camille qui est restée sous un voile bleu intégral jusqu’à la fin de la deuxième chanson. Déjà, j’étais hypnotisé par la mélodie et son timbre qui, sans être fabuleux, m’a touché, ça ne s’explique pas. Pendant ce temps, trois choristes sont venues la rejoindre et on a découvert, au fur et à mesure du temps qui passait que sous les grands tissus bleu, il y avait des musiciens : percussionnistes et claviériste. Et là, la messe païenne a débuté. J’ai été attrapé dans un tourbillon musical qui n’a fait qu’osciller entre moments de folie pure et de douceur extrême. J’étais sur un nuage.

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Elle m’a transporté, envoûté, accaparé car franchement, pour réussir à ne pas m’ennuyer alors que je ne connaissais que trois chansons (je n’en ai reconnu que trois, en tout cas), sur plus d’une heure et demi, chapeau. J’ai vécu un moment de grâce et presque de transe. Je crois que j’ai compris qu’on avait affaire à une sacrée artiste et, pardon pour les puristes et ceux qui les connaissent, mais elle m’a fait penser à cette chorégraphe contemporaine : Christine Bastin et son extraordinaire spectacle Siloé, vu deux fois,  il y a plus de vingt ans. Dans un autre registre, certes. Pour conclure, j’ai envie de dire que ce n’était pas un spectacle forcément facile mais parfois, il faut oser. Tout simplement oser. Et se faire confiance autant que faire confiance aux artistes pour faire un voyage avec eux.

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