Finalement, aujourd’hui, c’est comme si j’avais vécu au moins deux vies pour ne pas dire trois. Je sais, ça ne sert à rien de dire « au moins » si ensuite, j’écris « deux pour ne pas dire trois » mais c’est un effet de style, donc, totalement volontaire de ma part. Je suis encore parfaitement conscient de toutes mes paroles, actes et pensées. Et rien qu’avec cette mise au point, j’aurais déjà rempli quasiment un paragraphe. Je suis le roi du remplissage. Mais pas que. Pas que du remplissage. Le roi tout court, aussi. Et surtout. La preuve ? Je suis aussi le roi du mec qui est capable de vivre plusieurs vies un samedi matin entre 3h30 et 13h30. Dix heures pleines. Bien pleines. Emplies à ras bord.

Tout a commencé par mes heures de travail. De quatre à neuf trente, environ. Pas une très grosse journée mais en ces temps humides et venteux, qui plus est, en janvier, le marché n’est pas très porteur et donc, j’en subis les heureuses conséquences, j’ai moins de boulot à abattre et je termine plus vite. À peine arrivé, j’avais le choix entre monter le nouveau lit ou faire mes bouchées en chocolat pour demain, pour emporter chez Daniel et Marie-Hélène. Oui, parce que demain, dimanche, nous sommes invités à déjeuner à La Teste. Mais ça n’a rien à voir avec aujourd’hui. Si ce n’est que j’ai préparé 87 « friandises » pour leur en offrir une cinquantaine. Et donner le reste au patron.

Ensuite, j’ai choisi d’attaquer le montage du nouveau lit pour la chambre d’amis. Mais je ne suis pas censé le dire car c’est une surprise que je fais pour mes parents. Un peu comme si c’étaient leurs étrennes et même s’ils ne viennent pas si souvent que ça, nous avons pensé qu’il était temps de se débarrasser du lit en métal noir et de le remplacer par un modèle plus contemporain, en bois clair. Avec une petite chose en plus, pour faire joli. Surtout le soir. Mais je ne peux pas continuer d’en parler, maman lit mon blog tous les jours et elle risquerait de tout comprendre avant de venir, dans on ne sait pas combien de temps et de découvrir la chose sur place.

J’ai eu le temps de finir le montage de "ce qu’il ne faut pas dire" avant le déjeuner et ensuite, après avoir mangé, rangé la cuisine et pris un café, j’ai déchiré tous les cartons pour aller les mettre dans les conteneurs verts. Et là, à 13h30, je me suis dit : maintenant, je peux me poser. Ça, c’était ma première vie. Là, je vais pouvoir commencer la deuxième : aller passer un moment contre mon meilleur copain du moment, le canapé. On est super potes, lui et moi et on aime bien se faire des câlins. C’est toujours moi qui me mets dessus et lui, il me porte dans des endroits de rêve dès que je ferme les yeux et que je m’abandonne à lui.

Après ça, je sais que j’irai en ville pour donner un reste de potée au patron et sans doute promener les chiens, malgré le temps interminablement humide depuis ce matin. Mais les chiens, s’ils ne sortent pas, ils sont comme les princesses, ils ne font pas caca. Alors, si on veut qu’ils se sentent bien, il faut savoir se sacrifier. Et je reviendrai chez moi pour me raser, me doucher, me shampouiner, me changer et repartir en ville pour assister au spectacle de Camille, au Femina. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre si ce n’est à quelques (belles) surprises. Je sors en célibataire, ce soir. Et ça, ce sera ma troisième vie de ce samedi 20 janvier 2018.