À la différence de ceux qui ont les moyens de faire grève, comme ça, d’un simple claquement de doigts, moi, aujourd’hui, j’ai travaillé normalement voire un peu plus que d’habitude car j’ai eu une matinée bien chargée, ce qui n’est pas extraordinaire pour un mardi matin mais bon, cette fois, c’était bien plus dense que les fois précédentes. Je ne sais pas expliquer cela. Un rapport de cause à effet avec les arrêts de travail des fonctionnaires, assimilés, privilégiés et de tous les moutons qui vont les suivre, étudiants et lycéens compris ?

Oui, parce que je persiste à penser et à dire et à répéter qu’il faut avoir les moyens de faire grève. Avoir du temps libre. Avoir envie de ne pas aller travailler, quelle aubaine ! Je sais que ça ne va pas plaire à tous ceux qui vont justement me sortir leurs arguments habituels : on fait grève pour le bien de tous ! Ce n’est pas par plaisir qu’on perd des journées de travail ! C’est pour défendre les droits sociaux de tout le monde, même de ceux qui ne sont ni fonctionnaires, ni assimilés. ! Oui, c’est ça, et si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle.

Je déteste qu’on parle en mon nom sans savoir comme je vis dans mon boulot, quelles sont mes conditions de travail et tout et tout. Car moi, je n’ai pas été augmenté depuis onze ans passés, maintenant et ça, les routiniers des mouvements de grève ne sont pas là pour m’aider à négocier avec mon patron qui a tendance être sourd comme un pot aux roses. Alors, faites grève mais ne nous empêchez pas de travailler. N’enfoncez pas le pays plus qu’il ne l’est déjà. Et laissez les autres vivre, circuler, respirer. C’est un droit de l’homme inaliénable.