J’ai la gueule de bois sans avoir bu d’alcool. Mais hier soir, Marine Le Pen a été élue présidente de la République Française. D’une courte tête mais élue quand même. C’est la première femme à accéder à cette fonction, la plus haute de notre pays. Et moi, je suis tout à fait pour avoir une femme qui dirige notre pays mais ce n’est pas elle que j’imaginais pour être la première. Je n’aime pas du tout ce symbole. Et je déplore de l’image qu’on donne aux autres pays, aux autres démocraties. J’exclus tous ceux qui sont eux-mêmes populistes. Et je me dis qu’on en a pris pour cinq ans. Et je comprends ceux qui n’ont pas apprécié de voir Emmanuel Macron diriger le pays et qui ont pris leur mal en impatience mais je n’irai pas tout casser en ville pour autant. Non, je vais exprimer mes peurs avec des mots, juste des mots.

Et je vais commencer dès maintenant, alors que le jour n’est pas levé. Dès hier soir, pleine de morgue (je n’apprécie pas sa morgue à elle en particulier), elle a dit qu’elle était la présidente de tous les Français et moi, je m’insurge. Elle n’est pas ma présidente et je ne l’autorise pas à parler en mon nom. Elle est la présidente de la France mais elle n’est pas ma présidente. Elle ne peut pas dire qu’elle a rassemblé tous les français. Aucun président ne l’a jamais fait et ne le fera jamais. Sauf dans les dictatures mais dans une dictature, je ne pourrais même pas l’écrire dans mon blog. Je n’aurais même pas de blog personnel. Mais qui peut me garantir que mon blog existera toujours dans cinq ans ? Et s’il devait être fermé, jusqu’à preuve du contraire, ça ne serait pas de mon fait. Attention, je ne suis pas un héros non plus.

Je n’ai pas aimé cette soirée du 24 avril et j’avoue que j’ai pleuré. Oh, pas des sanglots longs comme ceux des violons de Verlaine mais j’ai versé ma larme. Du dépit ? Oui, peut-être. Du désespoir ? Aussi. De l’inquiétude ? Sûrement. Je ne peux pas en vouloir aux gens qui ont voté pour elle mais je peux me dire qu’il y a des combats que j’aurais pu mener dans mon entourage car j’en connais qui ont même voté pour elle dès le premier tour. Et comme je ne peux pas non plus leur imposer mes idées contre le Rassemblement National alors qu’ils sont convaincus, eux, je n’ai aucune légitimité si ce n’est celle de tenter de dialoguer et de présenter mes arguments. Ma France, pays des Droits de l’Homme et du Citoyen ; pays des Lumières, de Victor Hugo et d’Émile Zola ; ma France, qu’es-tu donc devenue ? Quel cauchemar !