Ringer
Il y a trois jours, j’apprenais que Catherine Ringer venait de mourir, victime elle-même d’une saloperie de tumeur. En plus, elle a succombé à un cancer foudroyant tout comme son compagnon, Fred Chichin, parti il y a bientôt vingt ans. On est loin de la longue maladie puisque ces dernières les a fait tomber en un presque claquement de doigts. Je ne sais pas quoi penser. Catherine Ringer était une femme que j’admirais un peu en secret. J’avais tous les albums des Rita Mitsouko. J’ai même vu le groupe sur scène, au début de ma vie bordelaise mais je n’étais pas resté car c’était un spectacle où tout le monde était debout et où tout le monde buvait de la bière et où tout le monde fumait de l’herbe voire plus. Et je n’avais pas aimé l’ambiance dans le public. Et je l’ai toujours regretté car je n’ai quasiment rien vu. Comme tant d’autres.
Catherine Ringer avait tout mon respect car c’était probablement l’une des plus belles voix, l’une des interprètes les plus intéressantes en France. Un choix de chansons toujours exigeant et une capacité d’occuper la scène comme peu d’artistes savent vraiment le faire. Certes, elle avait un peu disparu de l’espace public mais ce n’était pas la première fois et je ne me suis pas inquiété de ne plus la voir car à chaque fois que ça se produisait, elle revenait, toujours surprenante, toujours parfaite ou presque. Là, elle nous a fait bien plus qu’une surprise ou alors, une surprise d’un goût plus que douteux. On avait presque le même âge. C’est jeune, non ? J’espère qu’elle a été heureuse de sa vie, en apparence très riche. Une vie bien remplie. Je sais qu’elle pouvait agacer, que certains la trouvaient vulgaire mais non, pas du tout. Juste une apparence.
Peut-être une posture car au fond, elle était généreuse, elle était aimante et elle était vivante. Si vivante… Comme ta bouche est immense quand tu souris et quand tu ris, je ris aussi ; tu aimes tellement la vie… Quel est donc ce froid que l'on sent en toi ? Mais c'est la mort qui t'a assassinée Marcia ; c'est la mort, tu t'es consumée Marcia ; c'est le cancer que tu as pris sous ton bras… Rarement paroles de chanson n’auront été aussi… comment dire ? Prémonitoires ? Je ne sais pas si c’est le bon mot mais c’est celui que je vais laisser. Parce que je n’en trouve pas d’autres, ce matin. Catherine, vous faites partie des personnalités que j’aurais aimé rencontrer. Avec qui j’aurais aimé passer une soirée, devant un repas et je suis sûr que nous aurions eu plein de choses à nous dire. Mais vous êtes partie, tant pis. Tant pis pour moi.
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