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12 septembre 2026

all by myself

En ce moment, il paraît que tout ce qui touche (c’est une image) à Céline Dion rapporte de l’argent. On a vu les tee-shirts Céline Dion. On a vu les casquettes Céline Dion. On a vu les sacs Céline Dion. On a vu les mugs Céline Dion. On a vu les posters Céline Dion. On a vu les bijoux Céline Dion. On a même vu les macarons Céline Dion chez Pierre Hermé, le pâtissier. Alors dans ce cas, pourquoi pas de la brandade de morue Céline Dion ? Pourquoi pas du champagne Céline Dion ? Pourquoi pas des tripes à la mode de Céline Dion ? Parce que Céline Dion, elle chante avec. Ses tripes. Et même la salade de gésiers Céline Dion. Parce que Céline Dion, quand elle chante fort (tout le temps ou presque), on voit son gosier. Et sa luette. Ah, sa luette, je la plumerai. Oui, Céline Dion, par-ci ; Céline Dion, par là. Attention à l’overdose.

 

Alors moi, vous me connaissez, je ne suis pas vénal mais si je peux me faire trois sous en faisant de la publicité pour Céline Dion, je ne vais pas me priver. Mais il faut que je trouve la bonne idée qui me rapporte gros sans en faire trop. Je réfléchis. Et si je faisais un poème sur la chevelure de Céline Dion ? Comme ça, on resterait dans le ton d’hier. Parce qu’elle a souvent changé de coiffure. Tiens, à la cérémonie d’ouverture des J.O., il y a deux ans, elle avait un chignon mémère. Oh, le petit chignon à sa mémère. Le petit chignon Céline Dion. Non, ce n’est pas ce genre de chignon qui va m’exciter. Surtout quand sous le chignon, il y a La vie en rose chantée du haut de la Tour Eiffel. Non, je plaisante mais j’avais trouvé la prestation plutôt intéressante même si visuellement, quelque chose m’avait beaucoup dérangé.

 

Et si je tentais de faire un paragraphe entier dans citer une seule fois Céline Dion ? Ah ben non, justement, c’est raté. C’est très difficile, en ce moment. Alors, on a passé deux mois à ne parler que de canicule et là, pif, paf, pouf, on va en avoir jusqu’à l’indigestion, du Céline Dion. Bon, je critique, je critique, mais qu’est-ce que je pourrais faire pour gagner un peu d’argent sur son dos ? Écrire un billet avec uniquement les lettres du nom de Céline Dion ? Bof, non, pas ce matin. Trop compliqué et là, pour le coup, ça me rapporterait quoi ? Rien. Non, je vais encore étudier le sujet et je reviendrai en parler ici dès que j’aurai trouvé quoi. En tout cas, pour All by myself, je préfère nettement la version de Shirley Bassey. Que voulez-vous, moi, la Dion, je l’aime uniquement quand elle chante doucement. Pas souvent, donc.  

 

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11 septembre 2026

Constantin Balsan (je sais où habite)

Je sais qui est Constantin Balsan. Et plein de gens le connaissent sans forcément savoir comment il s’appelle car c’est un acteur qui joue dans… Ah tiens, justement, il est un peu connu mais pas assez pour qu’on se souvienne dans quoi on a pu le voir jouer. On sait vaguement qu’on a dû le voir à la télévision et aussi peut-être au cinéma mais bon sang, dans quoi, déjà ? Et là, on se rend compte que la célébrité, parfois, elle est loin d’être totale. Et que si ça se trouve, des gens qui le croisent pensent qu’ils l’ont déjà croisé, point, alors qu’en réalité, ils l’ont vu sur un écran, petit ou grand. Et c’est exactement le cas de Constantin Balsan. Et si je vous dis La garçonne, Le daron, Dunkerque… Ouais, moi non plus, je ne les ai pas vus, ces films. Emily in Paris, non plus. J’aurais probablement aimé voir Un de moins, un court métrage dans lequel il a un grand rôle.

 

Je connais un peu Constantin Balsan car je l’ai déjà croisé dans les rues de Bordeaux, autour de la mairie, principalement. Je me souviens très bien, la première fois, c’était rue Élysée Reclus, en allant vers le Cours d’Albret et je l’ai croisé, il remontait vers la cathédrale Saint-André, place Pey Berland et moi, j’allais en sens inverse. Je me suis dit « tiens, je connais ce mec. Il ressemble à un acteur. Ou alors, c’est l’acteur. Mais que fait-il ici, à cet instant précis ? » Je n’ai jamais eu aucun réponse à ces questions mais je ne m’en suis jamais plus mal porté pour autant. Puis, je l’ai croisé de nouveau, à deux autres reprises. Et là, je me suis dit que si c’était vraiment lui, ça ne pouvait plus être une coïncidence. C’est qu’on est fait pour se rencontrer. Oui, d’accord, mais moi, qu’est-ce que je vais lui dire, moi, à ce monsieur ? J’aime beaucoup ce que vous faites ?

 

Je sais où habite Constantin Balsan. Il habite dans l’hyper-centre de Bordeaux mais je n’en dirai pas plus. Ou alors, il faudra y mettre le prix. Je sais exactement quelle est la porte d’entrée de son immeuble. Je sais exactement à quel étage il vit. Je connais son balcon depuis la rue. Et je sais que quand il entre chez lui avec la poussette et son fils, la porte n’est pas assez large et ce n’est pas si facile que ça. Surtout d’une main. Oui, c’est le feuilleton de France3, Un si grand soleil qui l’a fait connaître par bien plus de monde. Depuis quatre ou cinq ans. Il y joue le rôle de Yann Cross, un flic un peu ténébreux. Ouais mais moi, je sais où il habite, j’ai mené ma petite enquête.  Et je sais même où habite Gregory Lacolonge mais ça, c’est une autre histoire. Car si des gens le connaissent, ils ne sont pas légion. Et puis lui, Greg, il n’est pas acteur du tout, alors…

 

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10 septembre 2026

laisse-moi vivre ma vie

Laisse-moi vivre ma vie ; non, je ne regrette rien, je ne veux plus être celui qui ne connaît que des chagrins… Pourquoi ai-je cette chanson dans la tête, un peu, beaucoup, souvent ? Hein ? On ne peut pourtant pas dire que ça soit une de mes chansons préférées. Ou alors, c’est totalement inconscient, chez moi. Inconscient ou totalement perdu dans les méandres de ma mémoire. Ce vieux titre de 1972, j’avais douze ans, a dû me marquer plus que de raison. Et sa musique lancinante et obsédante…


Laisse-moi vivre ma vie ; si tu m'aimes encore un peu, ferme ta porte cette nuit, ça vaut mieux pour tous les deux… Si on prête très attention aux paroles de cette chanson, il y a des phrases ambiguës, je trouve. Non ? Écoutez, quand même : ferme la porte cette nuit, ça vaut mieux pour tous les deux… Ça sous-entend quoi, ça ? En même temps, j’ai du mal à imaginer Frédéric François en pervers psychopathe mais bon, comme on ne sait plus à quel saint se vouer… Si ça se trouve, si. Alors laisse-la vivre sa vie…

 

Laisse-moi vivre ma vie et redevenir un homme ; je ne sais plus où j'en suis, je ne connais plus personne… Ah là, le discours est un peu moins inquiétant pour ne pas dire angoissant voire effrayant. Parce que si le gars, là, il veut redevenir un homme c’est que quelque part… Ou alors, je me fais des idées et je vois le mâle partout. Non, ce titre, il faut le prendre pour ce qu’il a été et pour ce qu’il est toujours : une chanson d’amour interprétée par ce qu’on appelait un chanteur à minettes. De l’eau de rose, c’est tout.

 

Que de temps perdu depuis que nous vivons ensemble, pourtant au début, tu me disais comme on se ressemble… Après, chanteur à minettes ou chanteur à Minouche, ce n’est pas la même chose mais comme personne ne s’est posé la question, ce n’est pas moi qui vais développer ce point. En tout cas, ces quatre vers me parlent plus que les précédents car avec moi, c’est évident qu’il y a toujours beaucoup de temps perdu. Et comme ce dernier ne se rattrape guère, ne rattrape jamais, c’est tant pis pour moi.

 

Laisse-moi vivre ma vie, ne me retiens surtout pas ; si je reste encore une nuit, je n'aurais plus confiance en moi… Et c’est à ça qu’on voit le talent du séducteur professionnel car il a le chic pour retourner la situation à son avantage. Tout dans le reproche, gentiment formulé, certes mais néanmoins très culpabilisateur. Mais personne ne faisait attention à ça, à l’époque. Pardon ? Il n’y a pas de malaise, Frédéric ? Oh, je suis d’accord avec vous. Et vous savez quoi, je vous aime bien. Alors, sans rancune, hein ‽

 

https://www.youtube.com/watch?v=HFAQ3uJNVZc

 

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9 septembre 2026

tentative d’épuisement d’un lieu bordelais

Hommage à Georges Perec.

 

Je n’aime pas les prises de sang. Je n’aime pas les piqûres. Tout le monde sait ça même le plus lointain inuit et le plus lointain pygmée. Et quand j’ai besoin de m’en faire faire une, j’y vais au moins vingt minutes avant l’ouverture car je préfère attendre dehors que dedans. Pourquoi ? Pour être le premier à passer et être débarrassé au plus vite de cette corvée. Et parce que le fait d’attendre dedans, avec tous les autres qui viennent se faire piquer (ou faire pipi), ça veut dire que je vais éventuellement ressentir leur stress, entendre leurs plaintes ou voir leur air satisfait et tout ça, ça me dérange à un point que personne ne peut imaginer. Et l’autre matin, justement, j’étais là à 6h35, devant la porte close, celle du laboratoire et j’ai attendu. Et j’ai passé le temps. Et j’ai regardé. Écouté. Entendu.

 

Déjà, le café qui fait l’angle avec la rue des 3-Conils, quand les employés sortent les tables et les chaises pour leur immense terrasse, ils font du bruit. Et on entend la musique qu’ils mettent à un niveau sonore un peu fort pour une heure aussi matinale. Et j’ai vu un camion de livraison faire une marche arrière, j’ai entendu le radar de recul et le tire-palettes qui fait un bruit infernal. Une femme est passée à vélo. Un homme la suivait de peu en faisant son jogging encore un peu nocturne. Vers 6h45, une dame entre deux âges est arrivée et m’a salué. Moi, j’ai répondu du bout des lèvres. Et j’ai continué d’observer, tous mes sens en éveil. Un trottinetteur est passé à toute vitesse, sans casque. S’il tombe, tant pis pour lui. Moi, j’applaudirai peut-être. Un monsieur s’est approché de nous et s’est mis à attendre, lui aussi.

 

Je l’ai salué d’un mouvement de tête. Il m’a répondu de la même façon. Et j’ai continué de me mettre à l’affût de la ville qui s’éveillait. Une femme et un enfant sont passés devant nous, en silence, la probable mère sur son téléphone portable et son probable fils marchait la tête basse, sens doute un peu délaissé. Un autre camion de livraison est arrivé et il a klaxonné dans la nuit pour saluer son confrère qui s’apprêtait à repartir. De nouveau, un tire-palettes bruyant. Des fûts de bière presque jetés sur le sol. Un quatrième patient est arrivé pour attendre avec nous. Il était 6h55. Plus que cinq minutes à attendre. J’étais toujours le premier. Bordeaux continuait de s’éveiller. D’une façon plutôt bruyante. Mais je m’en foutais, ça me faisait penser à autre chose. Sauf que je n’ai rien réussi à épuiser. À part moi.

 

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8 septembre 2026

les gens sont des cons

Les gens sont des cons. Voilà. C’est dit. Et c’est même écrit. Les gens sont des cons. Je le dis et je le répète. Comprenne qui pourra mais ce matin, j’ai la colère, j’ai la haine, j’ai le bouilli. Et moi, quand j’ai le bouilli, comme je suis baraqué comme un flan, je ne peux pas me permettre d’aller me bagarrer à mains nues et comme les duels n’existent plus en France depuis 1626, si ma mémoire est bonne, autant vous dire que je ne vais pas prendre le risque de me faire choper en train de vouloir venger mon honneur dans un pré parce que si je me fais gauler, je risque la peine de mort. Comme le comte de Montmorency-Bouteville en 1627. Ah mais non, au fait, suis-je sot, la peine de mort est abolie en France depuis 1981. D’ailleurs, le bourreau, à l’époque, il s’est retrouvé au chômage ? Il avait cotisé pour ça ?

 

Les gens sont des cons. Voilà. C’est de nouveau dit. Et c’est même de nouveau écrit. Je le redis et je le rerépète. Oui, je suis en colère. Et depuis hier soir, ça ne m’a pas quitté. Parce que je suis tombé sur un gens, sur un con, sur un gens con. Oui, hier soir, je suis tombé sur un spécimen. Et en plus, non seulement d’être con, il était moche. Petit. Rougeaud.  Et il puait la connerie à plein nez. Ça sentait si fort que même les dauphins et les baleines dans tous les océans du monde pouvaient la sentir. Même sous l’eau. La connerie est-elle soluble ? À un tel niveau, je ne pense pas. D’ailleurs, pourquoi serait-elle soluble ? Elle n’est pas lyophilisée. Ah tiens, ce serait un truc à développer, ça, de la connerie en poudre. Parce que ceux qui sont des cons intégraux, ils pourraient la piler et la revendre. Non, c’est con ce que je dis.

 

Les gens sont des cons. Voilà. C’est encore dit. Et c’est même encore écrit. Je le re-redis et je le re-rerépète. Parce que, si ça se trouve, la connerie, elle est contagieuse. Et si ça se trouve, je suis contaminé. Parce qu’il n’existe aucun vaccin contre la connerie. Ni la plus faible, ni la monumentale. D’ailleurs, à un certain niveau, elle pourrait même devenir exemplaire. Un monument à la gloire de la connerie, un truc universel. J’en connais des pays qui vont se battre pour en avoir la plus belle représentation. Et en France, j’en connais des gens qui vont vouloir être sur le podium. Oui, je suis super en colère, ce matin. Depuis hier soir. Parce que la connerie, il y a un moment où elle est totalement incurable. Et ça, c’est bien dommage. Sauf que si on imagine un monde sans aucun con, ça risque de devenir très triste.

 

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7 septembre 2026

on peut dire que ça démange vraiment

Ah ça oui, on peut dire que ça démange vraiment. Et ça ne s’arrange pas depuis une bonne dizaine de jours. Parce que vraiment, ça commence à devenir limite obsessionnel. Je ne vous dis pas. Enfin si, je vous dis (ou plutôt, je vais vous dire) mais ça me chatouille et ça me gratouille de remettre Les vamps fatales sur scène et même si je n’ai pas encore d’occasion en vue (j’en ai vaguement une pour fin avril 2027 mais il me faudrait l’accord de la personne qui sera alors notre principale cible et là, si d’aventure ça pouvait se faire, on aurait le temps de tout écrire et de répéter car il nous faut bien au moins six mois pour mettre tout ça au point), je commence déjà à lister des chansons et je peux vous dire que depuis quelques temps, je suis tombé sur des pépites. Des chanteuses méconnues voire totalement oubliées et des chansons incroyables.

 

J’ai fait des recherches pour trouver des titres qui soient amusants ou carrément mélodramatiques, avec des doubles-sens, si possible et je crois que le meilleur qualificatif pour ces morceaux, c’est fantaisistes. C’est ça, je cherche des chansons un peu fantaisistes. Et en fouillant dans les années qui vont de 1920 ou 1930 à 1970, autant vous dire qu’il y a des trésors. L’autre jour, je suis tombé sur Paola (P.A.O.L.A.), qui n’a fait qu’une dizaine de 45 tours avec des titres soit très drôles, soit très glamour. Et je crains de n’avoir que l’embarras du choix quand viendra le temps de la sélection de la quinzaine de titres maximum qu’on pourrait faire sur scène. Et il nous faudra alterner les morceaux célèbres avec ceux, totalement inconnus de la plupart d’entre nous. Parce qu’il faut que le public puisse chanter un peu avec nous, de temps en temps.

 

J’ai déjà dans l’idée les trois tableaux que nous pourrions faire, avec, encore une fois, deux changements de costumes. Là, cela pourrait être intéressant de commencer de façon apparemment très stricte en étant deux veuves avec voilette. Et pourquoi ne pas avoir une tenue noire du genre robe qui va aux pieds afin que notre deuxième costume soit dessous sans qu’on ait besoin d’aller en coulisses pour se changer. Pour le deuxième tableau, nous aurons nos tenues de vamps fatales, mi-parisiennes, mi-pétasses et enfin, nous ferions un final avec un changement sans être vus par les spectateurs pour arriver en tenue de french-cancan, comme en mars dernier sauf que là, nous aurions des accessoires de majorettes en plus. Voilà ce qui se construit dans ma tête. Lentement mais sûrement. Si seulement, ça pouvait se faire…

 

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6 septembre 2026

mais qui êtes-vous, monsieur-dame (11)

Comme chaque matin, il y a quelque chose que je ne tarde jamais à faire, c’est aller à la selle. Ou, pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas cette expression, je vais faire caca. À ce sujet, vous devez savoir que je suis à peu près réglé comme du papier à musique, c’est-à-dire que jusque-là, ça va bien, merci. Et si pendant longtemps, je suis allé m’asseoir sur le trône des WC du couloir (les WC publics, chez nous), depuis quelques mois, je vais sur celui de ceux qui se trouvent dans ma petite salle d’eau (mes WC privés, du coup), comme ça, après avoir fait ma petite (ou grosse) affaire, je n’ai qu’un pas à faire pour entrer dans ma douche et faire mes ablutions et ma mise en beauté. Comme ça, tout le monde connaît tous mes petites routines et tous mes petits secrets. Et encore une fois, de ce côté-là, ça va, merci.

 

Sauf qu’hier matin, ne me voilà-t-y pas en train de fermer les yeux pour bien me concentrer car quand on est attentif à ce qu’on fait, on le fait bien voire mieux et une fois que j’ai expulsé mes matières dans la cuvette, évidemment, je m’essuie. Mais là, j’ouvre les yeux car je ne sais pas si vous avez déjà essayé de vous essuyer les yeux fermés… C’est vrai qu’aveugle, ça comporte des inconvénients de ce genre-là, aussi… Bref, j’ouvre les yeux et qui ne vois-je pas sur mon côté droit, entre la porte et le lavabo ? Oui. Monsieur, dame. Bien sûr, je ne les ai pas salués mais difficile de les ignorer dans cette petite pièce privée qui n’est pas destinée à recevoir plus d’une personne à la fois.D’ailleurs, ça m’a fait un effet bizarre d’être trois dans ce petit espace. J’ai été limite de me sentir claustrophobe.

 

« Ça sent un peu. » « Mais c’est normal que ça sente. » « Oui, le contraire serait étonnant. » « Il s’essuie à l’envers. » «  On ne lui a peut-être pas appris. » « Tu crois qu’il faut qu’on lui dise ? » « C’est comme pour les suppositoires, les gens le mettent toujours à l’envers. » « Lui, non, je l’ai vu faire une fois, il sait comment s’y prendre. » « Il utilise beaucoup de papier, non ? » « Pourtant, c’est du 4 épaisseurs. » Ça va ? Je ne vous gêne pas ? Faites comme si je n’étais pas là. « On dirait qu’il est énervé, non ? » « Je crois qu’un rien l’énerve. » « Pourtant, il a fait caca, il ne devrait pas. » Non mais vraiment, ça m’indispose, ces intrusions sans savoir qui sont ces gens. « Bon, là, sur le sujet des selles, on a ce qu’il faut. » « Oui, allons mettre notre rapport au propre. » Et pffffft, ils ont disparu. Et soudain, je me senti seul.

 

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5 septembre 2026

printemps au parking

Avant-hier, j’ai parlé de ce livre que j’ai retrouvé, que j’avais acheté quand j’ai eu 17 ans (ça va bientôt faire 50 ans – un demi-siècle, incroyable, je trouve…) mais c’était surtout pour aborder le poème La chevelure de Pierre Louÿs. Là, depuis, j’ai un peu, beaucoup réfléchi à ce bouquin que j’avais adoré quand je l’avais lu la première fois. Que j’avais certainement encore beaucoup aimé si je l’ai relu quelques années après et cette fois, si je l’ai trouvé intéressant à plusieurs points,  je dois avouer que je n’ai pas pu aller au bout. Parce qu’il m’est tombé des mains. Parce que je n’ai plus l’âge de l’époque. Parce que mes goûts ont changé. Parce que j’ai lu d’autres livres que je trouve désormais bien meilleurs. Mais celui-ci, je vais pourtant continuer de le conserver comme un trésor. Comme une relique. Comme une pièce à conviction.

 

Parce que, cette fois, si le style m’a dérangé, si j’ai eu du mal à ré-entrer dedans à cause de cette façon un peu trop libre ou libérée d’écrire de Christiane Rochefort, je me rends compte que quand on n’a plus 17 ans (on n’est pas sérieux, à cet âge-là), c’est vite indigeste. Alors, j’ai laissé tomber les 15 dernières pages sur 190. Et si j’ai été d’accord sur une partie de ce que j’avais pu souligner au stylo, à l’époque (quelle horreur, je déteste ça, maintenant), je m’en voudrais presque d’avoir oublié une phrase que je trouve essentielle dans la relation entre le fugueur et l’adulte qui ont fait connaissance : … je jouissais de ta violence parce que je m’étais interdit de jouir de ta tendresse. Pourquoi ça m’est passé au-dessus de la tête, à l’époque ? Pourquoi ça m’a frappé, cette fois-ci ? Eh bien justement parce que de l’eau a coulé sous les ponts. 

 

Pourquoi ce livre est-il néanmoins resté si important pour moi ? Parce qu’il m’a construit. Parce que cette fois, j’ai compris que le style Christiane Rochefort m’avait alors inspiré. Je n’en avais jamais eu conscience jusqu’à maintenant. Mais ce style, je ne l’ai pas conservé longtemps. Uniquement pendant mes années de jeune adulte. Jusqu’à ce que je me trouve tout seul. Parce que d’autres m’ont également inspiré, comme Duras et Prévert mais eux, ça pourrait encore être vrai. Ce bouquin reste essentiel, dans ma vie. Il fait partie intégrante de moi. Pourtant, je sais que je ne le relirai plus. C’est certain. Nonobstant, je vais continuer de le conserver. Absolument. Et j’ai presque l’envie d’y mettre une annotation, au début : attention, ce roman contient des traces de ma jeunesse. Nostalgie, nostalgie, tu sais que quand tu nous tiens, hein…

 

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4 septembre 2026

d’un meilleur niveau, quand je veux

Oui, c’est vrai. Je reconnais que quand je succombe à la poésie comme avec Anna de Noailles, cet été et avec Pierre Louÿs, dans le billet d’hier, je vous propose des écrits d’un meilleur niveau. Comme quoi, quand je veux, je peux ne pas donner dans le trivial mais à ma décharge (publique), ce n’est jamais moi qui ai commencé. Tiens, si je prends Donald Trump, prrrrrt, moi, j’étais bien, dans mon coin, je repensais agréablement à mes deux séjours aux États-Unis  (1983 et 1986) et un sale jour, il est arrivé dans la vie des américains et dans la mienne aussi et depuis, je tombe sans arrêt des nues devant tant de bêtise crasse.  Alors comment voulez-vous faire des écrits d’un bon niveau avec une telle matière ? Prendre du recul ? Difficile. S’en foutre ? Pareil. Se moquer ? C’est une hypothèse. Péter ? C’est totalement indépendant de ma volonté.

 

Alors oui, c’est vrai aussi que cet espace d’expression privée dans un endroit public, il est mien et j’en suis le seul patron et donc, le seul responsable alors, forcément, même si parfois, j’ai conscience d’exagérer un peu, de provoquer un peu plus que de raison, là encore, ce n’est pas totalement de ma faute. Moi, j’étais bien, là, tranquillement installé dans ma vie, au calme (ou presque) et soudain, on a vu apparaître un autre mouvement extrémiste prendre de l’ampleur : celui de gauche. Comme pour faire pendant à celui de droite. Et je n’y peux rien si dans les deux camps, je trouve qu’ils ont tous et toutes des têtes de gens malsains. Tiens, Mathilde Panot, spl-spllltch, la mère fouettard ou même encore Manon Aubry (pas de renvoi ?), ce n’est quand même pas moi qui ai décidé de les trouver vulgaires ‽ Elles n’ont eu besoin de personne pour ça.

 

Et ce n’est pas sur elles qu’on peut compter pour relever quelque niveau que ce soit. Si, peut-être celui de l’agressivité et du grand n’importe quoi. En tout cas, je n’aimerais pas être leur mari. Non, être leur fils. Parce que je peux vous dire que mon Œdipe se serait mal passé. Quant à droite toute, Bardella (pas de renvoi, là non plus ? Pas encore), lui, ce n’est pas un problème de vulgarité, non, il fait très propre sur lui. Mais à l’intérieur, ça me semble d’un niveau plutôt… Non, peut-être pas tant que ça. Le vrai problème, avec Jordan, c’est que c’est l’emballage qui compte, pas ce qu’il y a dedans. Et ça, ça me fait autant peur que quand c’est l’inverse comme les deux femmes citées plus haut. Tiens mais c’est vrai, ça, il ne me fait pas péter ni roter, Bardella ? En tout cas, il semble que la campagne présidentielle a bel et bien commencé. Je n’ai pas fini, hein ‽

 

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3 septembre 2026

chevelures (1)

Comme quoi, on peut en apprendre avec un livre qu’on est en train de relire presque cinquante ans après la première lecture qu’on en a faite. Je parle d’un petit livre de Christiane Rochefort, Printemps au parking, acheté en 1977 et que j’ai toujours avec moi depuis car il m’a suivi dans tous mes déménagements. Je vais passer outre le fait que je suis nettement moins emballé à la relecture que je viens d’en faire qu’à l’époque mais autres temps, autres mœurs. Et, à un moment, l’un des protagonistes parle d’un poème de Pierre Louÿs qui dit, entre autres, que deux lauriers n’ont souvent qu’une racine… Et moi, cette fois, j’ai voulu en savoir plus. Que ce texte mis en musique par Debussy est une des plus belles déclarations d’amour mais comme je ne connaissais pas la poésie de Pierre Louÿs, j’ai fouillé, chiné, farfouillé, lu et ressenti… Quand j’ai eu connaissance du titre de ce poème, La chevelure, j’ai d’abord pensé à celui, de Baudelaire, dans Les fleurs du mal.

 

Alors qu’en réalité celui dont il est question dans le bouquin, il est de Pierre Louÿs et je peux vous dire que je ne suis pas le seul à avoir fait cette confusion, elle est même monnaie courante et c’est même encore mieux que ça, ce thème de la chevelure, surtout chez les femmes, il est récurrent dans la poésie et même dans la littérature mais de ça, on y reviendra dans un autre billet. Ce matin, j’ai juste envie de vous faire connaître ce poème en prose car il est très beau et je vais même vous joindre le lien pour en écouter la version chantée, sur une musique de Debussy, comme je l’ai déjà dit plus haut. Après, vous aurez le droit d’aimer cette version mais moi, je dois vous dire que j’ai eu un peu de mal… Peu importe ce que je pense de la « chanson », ce qui m’a intéressé, c’est de découvrir un poème et même mieux, un poète car je le connaissais peu et de voir que la chevelure a été une grande source d’inspiration, proche de l’érotisme dans la littérature.

 

La Chevelure

https://www.paradis-des-albatros.fr/d.gif 

Il m’a dit : « Cette nuit, j’ai rêvé. J’avais ta chevelure autour de mon cou. J’avais tes cheveux comme un collier noir autour de ma nuque et sur ma poitrine.

« Je les caressais, et c’étaient les miens ; et nous étions liés pour toujours ainsi, par la même chevelure la bouche sur la bouche, ainsi que deux lauriers n’ont souvent qu’une racine.

« Et peu à peu, il m’a semblé, tant nos membres étaient confondus, que je devenais toi-même ou que tu entrais en moi comme mon songe. »

Quand il eut achevé, il mit doucement ses mains sur mes épaules, et il me regarda d’un regard si tendre, que je baissai les yeux avec un frisson.

 

Pierre Louÿs (Chansons de Bilitis)

https://www.youtube.com/watch?v=WmV0dfSzwOo

 

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