laisse-moi vivre ma vie
Laisse-moi vivre ma vie ; non, je ne regrette rien, je ne veux plus être celui qui ne connaît que des chagrins… Pourquoi ai-je cette chanson dans la tête, un peu, beaucoup, souvent ? Hein ? On ne peut pourtant pas dire que ça soit une de mes chansons préférées. Ou alors, c’est totalement inconscient, chez moi. Inconscient ou totalement perdu dans les méandres de ma mémoire. Ce vieux titre de 1972, j’avais douze ans, a dû me marquer plus que de raison. Et sa musique lancinante et obsédante…
Laisse-moi vivre ma vie ; si tu m'aimes encore un peu, ferme ta porte cette nuit, ça vaut mieux pour tous les deux… Si on prête très attention aux paroles de cette chanson, il y a des phrases ambiguës, je trouve. Non ? Écoutez, quand même : ferme la porte cette nuit, ça vaut mieux pour tous les deux… Ça sous-entend quoi, ça ? En même temps, j’ai du mal à imaginer Frédéric François en pervers psychopathe mais bon, comme on ne sait plus à quel saint se vouer… Si ça se trouve, si. Alors laisse-la vivre sa vie…
Laisse-moi vivre ma vie et redevenir un homme ; je ne sais plus où j'en suis, je ne connais plus personne… Ah là, le discours est un peu moins inquiétant pour ne pas dire angoissant voire effrayant. Parce que si le gars, là, il veut redevenir un homme c’est que quelque part… Ou alors, je me fais des idées et je vois le mâle partout. Non, ce titre, il faut le prendre pour ce qu’il a été et pour ce qu’il est toujours : une chanson d’amour interprétée par ce qu’on appelait un chanteur à minettes. De l’eau de rose, c’est tout.
Que de temps perdu depuis que nous vivons ensemble, pourtant au début, tu me disais comme on se ressemble… Après, chanteur à minettes ou chanteur à Minouche, ce n’est pas la même chose mais comme personne ne s’est posé la question, ce n’est pas moi qui vais développer ce point. En tout cas, ces quatre vers me parlent plus que les précédents car avec moi, c’est évident qu’il y a toujours beaucoup de temps perdu. Et comme ce dernier ne se rattrape guère, ne rattrape jamais, c’est tant pis pour moi.
Laisse-moi vivre ma vie, ne me retiens surtout pas ; si je reste encore une nuit, je n'aurais plus confiance en moi… Et c’est à ça qu’on voit le talent du séducteur professionnel car il a le chic pour retourner la situation à son avantage. Tout dans le reproche, gentiment formulé, certes mais néanmoins très culpabilisateur. Mais personne ne faisait attention à ça, à l’époque. Pardon ? Il n’y a pas de malaise, Frédéric ? Oh, je suis d’accord avec vous. Et vous savez quoi, je vous aime bien. Alors, sans rancune, hein ‽
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