04 décembre 2018

une courte mais certaine agonie

Elle n’a pas bronché, quand le verdict est tombé. Elle est restée très digne mais moi, qui la connais bien, maintenant, ça va bientôt faire un an qu’on s’est vus tous les jours, j’ai bien vu qu’elle avait accusé le coup. Ça a dû être terrible en son for intérieur. Surtout quand on sait qu’elle n’a rien voulu montrer. Si encore elle avait laissé s’échapper un ou deux soupirs, j’aurais pu réagir en tentant de la prendre dans mes bras et lui dire qu’on allait se battre même si au fond de moi, je savais déjà que la partie était finie. Il... [Lire la suite]

23 novembre 2018

il pleut et dehors, les archéologues sont un peu dans la boue

C’est un vendredi humide. Il pleut. Il pleut et dehors, les quatre archéologues sont obligés de travailler dans une espèce de bouillasse. Les autres jours de la semaine, ils ont passé leurs journées dans un froid glacial et sec. Aujourd’hui, c’est frais et humide. Je ne sais pas quel est le meilleur temps pour eux. Et quand je vois leur petite caravane de la mairie, apparemment sans fenêtre, je me dis qu’ils n’ont même pas eu la chance d’écouter la pluie taper sur les carreaux. Juste sur le toit. Tout ça est d’une tristesse pas... [Lire la suite]
23 octobre 2018

préavis

Quand on dit qu’on s’en va, dans une entreprise, quelque part, on est un peu un héros. Enfin, dans la plupart des cas, je veux dire. En gros, si on n’est pas licencié, quitter ses collègues vous attribue une espèce de statut très particulier. C’est un savant mélange (au corps défendant de ceux qui restent) de jalousie, d’admiration et d’un peu de tristesse quand on s’aime bien. Même quand d’aucuns peuvent penser que c’est pure folie que de lâcher la proie pour l’ombre, au fond, on en a tous eu envie, un jour ou l’autre, de partir... [Lire la suite]
03 juin 2018

clin d’œil à Stéphane Mallarmé

À travers la transparence des mots, le vocabulaire D’apparition en apparition soupire en brise marine Je reçois le don du poème, les mots surnuméraires Des vers en placet futile sonnent sonnent la mâtine   Dans une tristesse d’été mon pauvre esprit fait aumône Qui me sait las de l’amer repos où ma paresse offense Quelconque est cette solitude d’une après-midi de faune Je me languis, pitre châtié, guignon ; la désespérance   Cette marchande d’herbes aromatiques aux senteurs De fleurs fanées que seul l’éventail... [Lire la suite]
27 avril 2018

et celles de Corfou ?

C’est vrai qu’hier, dans le billet d’anniversaire pour ma maman, j’ai parlé de roses blanches et j’ai déposé des photos de roses multicolores. Un nouveau paradoxe chez moi ? Je n’en suis plus à un près. Mais ça s’explique ainsi : les roses blanches de la chanson du même nom (comme Aga), elles ont un arrière-parfum d’une tristesse incommensurable. Alors que moi, je voulais rester dans quelque chose d’un peu plus joyeux. Alors, j’ai ajouté de la couleur à ces gros bouquets de fleurs. Mais, après coup, après la publication, une... [Lire la suite]
27 mars 2018

mignonne, et la rose ?

Mignonne, moi aussi, ce matin j’ai voulu aller voir si la rose avant déclose sa robe. Sauf que ce matin, il n’y avait point de soleil et je n’ai pas su voir si savoir de quelle couleur était sa robe. Était-elle rouge, rose ou pourpre ? Nul autre ne le sait que la reine des fleurs, elle-même. Un trésor bien enfoui, inaccessible.  Et en cette vesprée grise et humide, je ne sais pas non plus si elle a perdu tout son éclat, tout son charme et toute sa beauté. Je ne sais pas. Personne ne sait. Plus personne ne sait s’il existe... [Lire la suite]

17 février 2018

pas de petit nom ?

On les connaît tous, les Thénardier. Ces méchants parents des Misérables de Victor Hugo. Cette famille d’accueil qui n’aime que ses propres enfants et qui ne respectera jamais Cosette, que Fantine, sa mère, lui a confiée. Devant l’amour dont les parents témoignent à leurs deux filles, c’était très facile de croire que leur laisser un enfant en garde était la garantie que tout se passerait bien. Parce que dès qu’elle a eu le dos tourné, les Thénardier n’ont eu de cesse de jalouser, asservir et maltraiter la petite qui vivra dans la... [Lire la suite]
22 novembre 2017

est-ce possible de choisir sa tristesse ?

Ce serait vraiment dommage d’être triste un jour comme aujourd’hui : plein soleil dans un ciel immaculé bleu. Un bleu doux, un bleu tendre, un bleu rassurant. Et pourtant, il doit y en avoir des gens qui ne sont pas heureux, aujourd’hui. Des gens pleins de malheur. Des gens qui pensent que la vie ne vaut pas le coup d’être vécue plus longtemps. Et des gens malades, qui savent. Et des gens dans la rue et là, aucun soleil ne sera jamais vraiment du réconfort. C’est un des paradoxes de la vie. Et aussi ce qui en fait sa... [Lire la suite]
01 juillet 2017

pendant ce temps-là, la vie continue, même et surtout en cuisine

Pendant ce temps-là, pendant ce temps de tristesse et de grisaille qui n’a rien d’un premier juillet, la vie continue même et surtout en cuisine. Ne me demandez pas pourquoi j’ai ressenti ce besoin pressant de me mettre à faire du sucré (ça m’a pris hier en faisant mes courses) alors que je crois que je suis toujours plus enclin au salé. Et au salace ? Oui, bon, parfois, je l’admets mais on n’est pas ici pour faire du déballage même si c’est un peu la coutume, désormais, sur la toile. Je disais donc que j’ai eu envie de me... [Lire la suite]
30 juin 2017

nous vous avons aimée, nous vous aimons, nous vous aimerons toujours

Il n’y a pas grand-chose à dire. Sauf des banalités de bon usage et de bon aloi. Ce matin, quand j’ai entendu la nouvelle, dans la voiture, en quittant mon travail, j’ai été pris d’une grosse émotion. La même que celle de ce 30 septembre 1985 quand ma mère m’a appris la disparition de Simone Signoret, au téléphone, alors que j’étais à mon travail. Je m’en souviens fort bien et ce matin, j’ai ressenti le même genre de choses. Une tristesse infinie et une impossibilité de parler sans crainte de pleurer. Nous venons de perdre quelqu’un... [Lire la suite]