07 février 2019

déjà, les pois chiches égouttent

J’ai déjà parlé de ce paradoxe du temps qui passe, bien trop lentement quand on s’ennuie, bien trop vite quand on est heureux et qu’on aimerait tellement arrêter les aiguilles de toutes les horloges même de celles qui sont digitales. Aujourd’hui, je l’ai encore ressenti très fort. À la fin du repas (frugal), le président et moi, nous parlions de sa soirée à l’opéra, hier, pour un Barbier de Séville que je n’ai pas souhaité voir et moi, d’une question que je m’étais posée en rentrant du boulot : quel était le président de... [Lire la suite]

02 juin 2018

le sixième jour

Ça y est, cette première semaine de reprise est passée. Enfin terminée. Étonnamment (mais pas tant que ça), je l’ai trouvée interminable et plus minable qu’inter, même. Elle fut pleine de lourdeurs et de lenteurs. Je m’en étais un peu douté, avant qu’elle n’arrive, mais pas à ce point-là. Sans doute que j’ai de plus en plus de mal à accepter tout ça avec le temps qui passe. Avec l’âge qui ne sait rien faire d’autre qu’avancer. Inexorablement. Comme s’il n’aimait que ça. Ça doit être un peu bizarre de ne pas se servir de la marche... [Lire la suite]
25 mai 2018

traîner les pieds

Un peu comme Sisyphe, sauf que moi, ce n’est pas un rocher que j’ai vainement poussé vers le haut de la montagne jusqu’à ce qu’il retombe dans la vallée et que je recommence, éternellement, non, ce sont les pieds que j’ai traînés toute la journée d’hier. Et j’ai traîné et re-traîné les pieds. Je n’ai fait que ça, hier après-midi. Incessamment. Comme si c’était ma nouvelle croix. Comme pour tenter de reculer vers ce qui s’avance jusqu’à cette reprise non voulue. Cette reprise redoutée. C’est comme si j’avais tant traîné des pieds que... [Lire la suite]
14 février 2018

le temps qui passe

Il m’a demandé si je lui permettais de s’asseoir sur le même banc que moi. Alors qu’il y en avait d’autres, tout aussi ensoleillés que celui sur lequel j’étais installé depuis un bon moment déjà. Comme il m’a demandé l’autorisation, je n’ai pas pu refuser. Mais ça m’a quand même un peu contrarié. J’espère juste qu’il ne va vouloir me parler. Je ne suis pas forcément du genre à parler facilement aux gens que je ne connais pas. Et contre toute attente, c’est moi qui lui ai adressé la parole en premier : « Excusez-moi,... [Lire la suite]
17 novembre 2017

tout finit par arriver même à celle qui se prend pour une princesse

Tout finit par arriver. Même à ceux qui se croyaient dispenser comme s’ils pouvaient être dédouanés de ce qui est dans l’ordre juste et naturel des choses. Même à celle qui, à supposer qu’elle ait pu se prendre pour une princesse mais, alors, il y a très, très longtemps parce que, aujourd’hui, la princesse a pris un sacré coup dans l’aile. Et dans la gueule. À se demander si elle ne s’est pas pris une voiture en plein dedans alors qu’elle traversait une rue sans faire attention. La princesse a pris de la bouteille même si elle ne... [Lire la suite]
19 décembre 2015

envie de ne pas avoir d'envies

C’est sans doute un peu pour ça, hier, que j’ai fredonné le Temps des Cerises car pour moi, hier, c’était un jour à avoir envie de ne pas avoir d’envies. En plus, ce n’est pas la saison des cerises. Alors, il faudra patienter pour qu’il revienne leur temps. Il y a des jours comme ça où on se lève fatigué avec un sentiment d’injustice profonde et la sensation qu’on ne saura pas aller au bout de cette nouvelle journée qui commence et dont on sait qu’elle aura des relents d’éternité. Et comme l’éternité ne m’a jamais attiré, bien au... [Lire la suite]

24 octobre 2015

on en revient toujours aux mêmes

On a beau dire, on a beau faire, on en revient toujours aux mêmes. Et là que nous sommes samedi à juste midi, c’est presque comme tous les samedis midis depuis que le monde est monde. C’est l’éternel retour des choses et du temps qui passe. La routine bien réglée comme les aiguilles d’une horloge. On n’y peut mais. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Oui, en tout cas, c’est ainsi que moi je vis, à peine un peu perdu dans cette immensité régulière. Un petit grain de sable dans une clepsydre de laquelle je ne pourrai sortir un... [Lire la suite]
15 octobre 2015

l'épidémiologiste

Je pense que j’ai raté une vocation. Enfin, pas vraiment raté. Elle m’est apparue sur le tard donc, je ne peux pas avoir de regret. Il n’empêche qu’aujourd’hui, à un peu plus de mon demi-siècle, je me dis que j’aurais pu être un très bon épidémiologiste. Très bon, que dis-je ? Un excellent épidémiologiste. Et que si j’aurais pu l’être à mon âge actuel, j’ai conscience que je n’aurais pas pu l’être en ayant vingt ans de moins. Car si jeunesse savait… Et moi, je ne savais pas. J’étais comme tous les autres. Aujourd’hui, je sais.... [Lire la suite]
27 septembre 2015

le marché indien

On dit de l’automne qu’il peut être un été indien, vous savez, l’été indien, c’est qu’on ira où tu voudras, quand tu voudras et l’on s’aimera encore lorsque l’amour sera mort et chabada bada et chabada bada… mais dans ce cas, quand l’automne est ensoleillé (même frais comme en ce moment), on peut dire que nous sommes dans un début d’été indien et qu’on ira où tu voudras quand tu voudras et que toute la vie sera pareille à ce matin, aux couleurs de l’été… et si nous sommes dans cette configuration, je me demande si ce matin, en allant... [Lire la suite]
07 juillet 2014

et ça continue, encore et encore

Et ça continue, encore et encore. Chaque fois la même chose. Les jours qui passent qui remettent sans cesse leur ouvrage sur le métier. Ou quelque chose comme ça. Parce que tout est inéluctable dans le défilement des minutes, des heures, des jours, des semaines, des mois et des années. C’est volontairement que j’ai écrit tout ça, ça me permet d’insister sur leur poids. Leur accumulation. Et on a beau faire, on a beau vouloir, on a beau s’en défendre, parfois, on est obligé de tomber dans la routine imposée du temps qui passe et des... [Lire la suite]