08 avril 2016

cadavres exquis

À près de cinquante-sept ans, j’ai eu cette chance incroyable de ne jamais avoir eu l’occasion, de ne jamais avoir été obligé de voir un mort en vrai. De voir un cadavre. De voir un corps inerte, les mains jointes, les yeux clos, allongé sur un lit dans une ambiance on ne peut plus feutrée, avec quelques bougies et des odeurs d’encens pour en masquer d’autres. Je n’ai jamais vu un mort à qui ça venait juste d’arriver, non plus. C’est-à-dire que je n’ai jamais vu un accidenté de la route qui venait d’être tué sur le coup. Ni même un... [Lire la suite]