28 avril 2020

plus tout à fait seul au monde (billet contaminé au Covid 19)

Jusqu’à la mi-mars, soit un peu moins d’un an après avoir arrêté de travailler, j’aimais beaucoup me lever tôt et avoir l’impression d’être seul au monde. Seul dans mon monde. Surtout lors des dernières semaines avant le confinement, peut-être parce que je pressentais que les choses ne seraient plus jamais comme avant, mais quand je sortais de mon lit, vers 6h, c’était systématiquement avant le jour ne se lève lui-même. Je prenais mes granules homéopathiques, je préparais mes compléments alimentaires et je regardais dehors, je... [Lire la suite]

14 avril 2020

Arielle et moi (billet non garanti sans coronavirus)

Tiens, Stéphane, on n’a qu’à aller par-là, dans les vieilles ruelles, il y aura peut-être moins de monde qu’ici, on est trop proche de la mer, là, je trouve et ça attire la foule. Bon, il doit avoir raison, lui. Sauf que même s’il a raison, lui, là, je ne sais pas ce que je fais ici, avec lui. En plus, je ne sais même pas qui il est, je ne l’avais jamais vu avant qu’on se retrouve, là. Mais on est où, d’abord ? C’est drôle, au bout, là-bas, il y a un remblai, comme aux Sables d’Olonne mais on n’est pas aux Sables, non, sinon, je... [Lire la suite]
01 avril 2020

les pois cassés (billet a priori garanti sans coronavirus)

Depuis dimanche, nous sommes passés à l’heure d’été (j’aurais plutôt appelé ça « heure de confinement » mais j’ai promis de ne pas parler du coronamachin dans le billet d’aujourd’hui, alors, je m’abstiens, sinon, je vais passer pour le rigolo de service – pas toujours drôle mais bon…) et donc, quand je me lève et que je te bouscule, tu ne te réveilles pas, comme d’habitude sauf que là, il me fait attendre un peu plus longtemps pour voir que le jour ne fait pas la grasse matinée, lui. Entre 6 heures 7 minutes et 6 heures 34... [Lire la suite]
13 mars 2020

allocution présidentielle et réservataires

Comme j’écris toujours mon billet du jour la veille du jour de sa publication, je suis un peu embêté, hier soir, donc, ce matin, car entre temps, il y aura eu l’allocation présidentielle d’Emmanuel Macron, ce soir, donc, hier soir, à la télé, concernant le coronavirus. Et je ne peux rien écrire sans prendre le risque d’être ridicule car comme je ne sais pas ce qu’il va dire, ce qu’il va annoncer, si ça se trouve, des choses graves et à l’heure où j’ai écrit ces lignes qui seront publiées demain matin, avant 4 heures, je serai le bec... [Lire la suite]
24 février 2020

ils n’y étaient pas !

Hier, quand j’ai su que j’aurai le courage nécessaire pour mener à bien la mission que je m’étais donnée, je suis allé dans leur chambre, avec les pieds et les mains toujours glacés et je n’ai fait aucun bruit pour ne pas prendre le risque de les réveiller, ils n’avaient pas besoin de savoir, de réaliser, de comprendre. Et j’y suis allé presque centimètre par centimètre, dans le couloir qui m’emmenait jusqu’à eux. Seule la lueur du jour qui se levait m’éclairait et même si c’était un peu juste, comme j’avais déjà repéré les lieux, la... [Lire la suite]
01 février 2020

boulangerie B3

Chaque jour, si possible avant 8h, je descends de mon cinquième étage et je me rends à pieds à la boulangerie qui se trouve à environ 300/400 mètres de là, mettons 350 mètres pour mettre (!) tout le monde d’accord. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, qu’il fasse beau, qu’il fasse jour, qu’il fasse encore nuit, j’ai la chance d’avoir un très bon boulanger et autant vous dire que j’en profite, il n’y a pas de raison de s’en priver. Tout est bon chez Jérôme B. dont je ne dirai pas le nom, par pudeur. 7h50. Bon, évidemment, il y a la... [Lire la suite]

24 janvier 2020

on ne savait plus s’il faisait jour ou déjà nuit

Hier, en fin d’après-midi, il y a eu un moment où on ne savait plus s’il faisait jour ou s’il commençait déjà à faire nuit. Comme si les deux hésitaient à prendre la place, à s’installer, à partir ou à rester. À se décider. Le jour se demandant s’il ne pourrait pas en profiter encore un peu tant que la nuit ne serait pas prête à trouver un bon endroit pour y passer la sienne. Et la nuit, hésitant à venir passer du temps ici, sous un ciel déjà bien trop gris, bien trop lourd, à subir toute cette humidité environnante. Franchement, pour... [Lire la suite]
13 octobre 2019

tu sais ce qu’il te dit, le vieux ?

Hier après-midi, en allant en ville et en particulier chez ma pharmacienne préférée (sauf quand ce n’est pas elle qui me sert, mais ses employées ou son associée), j’ai aperçu un ancien voisin puisque l’apothicaire que je fréquente était juste en bas de chez moi, quand j’habitais dans l’hyper-centre. Et l’ancien voisin, c’est un commerçant, un vendeur de choses que je n’achète pas, des trucs pour les téléphones et autres signes extérieurs de réseaux sociaux. Avec Fatima, qui bosse à la fausse boulangerie, ce sont les deux seuls que je... [Lire la suite]
06 septembre 2019

on peut se convaincre qu’il fait jour

On peut se convaincre qu’il fait jour, on peut se dire qu’il fait jour et on peut jouer à s’il faisait jour. On dirait qu’il ferait jour et que ça serait le ciel bleu et le soleil qui seraient au-dessus de nous et que ça serait vachement bien. Mais non, en réalité, il fait encore nuit et bel et bien nuit, même. Je sais que je ne me trompe pas car j’écris ce billet à tâtons. Je n’ai pas allumé la lampe de la coiffeuse qui me sert de bureau (quel comble d’avoir une coiffeuse comme bureau pour quelqu’un comme moi qui ne se coiffe jamais... [Lire la suite]
11 août 2019

j’ai dû perdre une partie de mes pouvoirs

Finalement, le samedi s’est mieux passé que prévu et je me dis que de deux choses l’une : soit j’avais mal interprété les signes avant-coureurs d’hier matin, soit j’ai dû perdre une partie de mes pouvoirs magiques : ceux qui me permettent de deviner que quelque chose de pas drôle va se passer. Comme si je pouvais anticiper les drames, qu’ils soient mélo ou non. Qu’ils soient psycho ou non. Qu’ils soient pic-et-pic et cholé ou non. Ça doit être la vue d’un ciel encore plus brouillé que moi, quand je me lève et que tout... [Lire la suite]