20 juin 2018

deux heures à tuer

J’ai deux heures à tuer. Je vais encore devoir faire semblant. Je vais encore devoir simuler. Ça va devenir une habitude, si ça continue encore et encore. Et après, je ne serai peut-être plus capable de faire la différence entre mes simulations et une réalité, à défaut de la réalité. Parce que j’aurai perdu pied. Parce que je me serai enlisé dans les sables mouvants de l’ennui au travail. Jusqu’à ce que mort ne s’ensuive pas. Enfin, j’espère. Oui, j’espère vraiment. Encore une heure trois quarts. Un temps qui me paraît être... [Lire la suite]

02 juin 2018

le sixième jour

Ça y est, cette première semaine de reprise est passée. Enfin terminée. Étonnamment (mais pas tant que ça), je l’ai trouvée interminable et plus minable qu’inter, même. Elle fut pleine de lourdeurs et de lenteurs. Je m’en étais un peu douté, avant qu’elle n’arrive, mais pas à ce point-là. Sans doute que j’ai de plus en plus de mal à accepter tout ça avec le temps qui passe. Avec l’âge qui ne sait rien faire d’autre qu’avancer. Inexorablement. Comme s’il n’aimait que ça. Ça doit être un peu bizarre de ne pas se servir de la marche... [Lire la suite]
22 mai 2018

dernière ligne droite avant la reprise

Un peu comme la dernière station-service avant l’autoroute, avant une autoroute qui s’annonce très longue voire interminable, cette semaine est la dernière ligne droite avant la reprise de mardi prochain, dans exactement sept jours. Au premier jour, je ne vais rien créer. Pas plus qu’au deuxième jour. Ni au troisième. Et au sixième jour, je tenterai de me reposer et au septième, je repartirai pousser mon wagon au fond de la mine, sans fleur et sans fusil. Avec la boule au ventre, je le sais déjà. C’est ainsi que soit-il. On a beau... [Lire la suite]
21 avril 2018

à la recherche d’un petit moment de bonheur, si petit soit-il

Empoter ou rempoter des plantes, au premier abord, ça fait un peu corvée, surtout après une nuit bien longue au travail et une matinée tout aussi interminable (et dans interminable, il y a « minable ») mais j’ai préféré m’y mettre tant que j’étais crevé. Quitte à être à ramasser à la petite cuiller (en argent ?), autant l’être totalement. Absolument. Fondamentalement. Et avec ces trois adverbes, qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Ici, on trouve tout, comme à la Samaritaine. Alors, qu’est-ce qui vous ferait... [Lire la suite]
04 janvier 2018

des petits vœux pas très pieux

Et quand je lui ai souhaité une bonne année, il m’a regardé en haussant les épaules et il m’a répondu, d’un air triste : mon pauvre ami, une bonne année ? Figurez-vous qu’elle ne commence pas bien et je crois qu’une année qui ne commence pas bien, elle ne peut pas être bonne. Et là, j’ai réalisé que j’aurais mieux fait de me taire. De m’abstenir. Car j’ai eu droit à une litanie inattendue mais surtout, très, très, très longue. Interminable. Et je ne savais plus quoi faire pour lui faire comprendre que je n’avais pas que ça à... [Lire la suite]
23 novembre 2016

des lieder pas d'opinion

Hier soir, en allant assister à un récital de piano, dans le cadre de l’Esprit du Piano, à l’Auditorium de Bordeaux, j’ai pu entendre trois morceaux très intéressants, joués par Ismaël Margain et Guillaume Vincent. J’ai beaucoup aimé la ballade n°1 de Chopin, j’ai été décontenancé par la ballade n°2 de Liszt et j’ai été embarqué par les 6 études canon de Robert Schumann (qui est mort évidemment mais qui n’est pas Mort…) En revanche, je n’ai pas d’opinion très positive des 33 lieder de Brahms présentés en deuxième partie de soirée,... [Lire la suite]

15 octobre 2016

il ne faudrait pas s’impatienter non plus

Des fois, on a hâte d’arriver à un moment qu’on a attendu, qu’on attend depuis longtemps et en cours de route, soit les choses ne se passent pas comme prévu, soit quand l’instant T est là, on est déçu. Et on est rarement déçu en bien. Parce que c’est un peu le principe de tous les fantasmes. Tant qu’on les rêve, c’est extraordinaire et quand on les réalise, ce n’est pas tout à fait ça. La réalité nous tombe sur le coin de la gueule et la réalité, c’est toujours nettement moins beau que nos idéaux. Des idéaux, des mots… J’imagine que... [Lire la suite]
22 décembre 2015

le tour du cadran

À l’heure précise où j’écris ces lignes, je suis en train de me demander si je vais les écrire. Parce que même si elle n’est pas terminée, la journée a été longue. La matinée, au travail était comme un soap opéra ou une télénovela, je n’en voyais pas le bout et ce ne sont pas les multiples rebondissements qui me sont arrivés qui ont changé quoique ce soit dans la longueur infinie de ces heures dans un bureau qui a fini par me donner mal à la tête. Et au cou car j’ai travaillé de façon très contractée. Et aux neurones, parce que, à... [Lire la suite]
19 octobre 2015

rendez-vous à Paris en 1981

Le rendez-vous a été fixé dans un café près de chez moi. Je suis arrivé le premier, comme de bien entendu. Mon impatience me fait perdre la tête. Mais je fais semblant de rien. À condition qu'il ne soit pas en retard, il me reste une heure à perdre. Une heure à fumer cigarette sur cigarette. Une heure à préparer des discours qui finiront dans le cendrier. Tout compte fait, il ne va rien se passer dans tout ce temps. Cette interminable attente. "Il y a longtemps que tu attends ?" "Non, à peine cinq minutes." Le cendrier me... [Lire la suite]
16 février 2015

toilettage

Samedi soir, juste avant que le spectacle de Bartabas ne commence (et ne me semble interminable), alors que j'étais assis au cinquième rang, place 12, à gauche, au Grand Théâtre de Bordeaux, mon regard s'est posé sur l'intérieur de ma grosse doudoune Geox et j'ai étudié l'étiquette d'entretien, chose que je n'avais jamais faite auparavant. D'abord, au recto de ladite étiquette, sont indiquées la référence du produit : Style M9325F et les coordonnées de la marque : « Imported by GEOX S.p.A. à Montebelluna en Italie mais je... [Lire la suite]