23 octobre 2018

préavis

Quand on dit qu’on s’en va, dans une entreprise, quelque part, on est un peu un héros. Enfin, dans la plupart des cas, je veux dire. En gros, si on n’est pas licencié, quitter ses collègues vous attribue une espèce de statut très particulier. C’est un savant mélange (au corps défendant de ceux qui restent) de jalousie, d’admiration et d’un peu de tristesse quand on s’aime bien. Même quand d’aucuns peuvent penser que c’est pure folie que de lâcher la proie pour l’ombre, au fond, on en a tous eu envie, un jour ou l’autre, de partir... [Lire la suite]

20 août 2018

épisode numéro 3

Cette musique un peu lourde et entêtante avec des relents de mélopée n’augure rien de positif. Rien de joyeux. Mais la vie, la mort peuvent-elles seulement être joyeuses ? Il se pourrait que Pierre, ce héros, cette crapule soit déjà parti de ce bistrot qui n’existe pas. Et comme on ne voit ni ticket, ni monnaie sur la table qui reste, avec ses reliefs de café bu, on est en train de se demander comment ça s’est passé pour le règlement de sa consommation. Peut-être que Pierre a payé et qu’on ne lui a pas rendu de monnaie car il a... [Lire la suite]
19 août 2018

épisode numéro 2

Dans l’épisode précédent, on a retrouvé Pierre en train de prendre un café dans un bistrot qui n’existe pas. On aurait dû dire qui n’existe plus mais ça, ça fait partie des rebondissements à venir sauf que je ne voulais pas tout dévoiler d’un seul coup. Et Pierre, puisque c’est sur lui que l’épisode numéro 1 s’est achevé en attendant l’épisode numéro 2, et Pierre, donc, notre personnage principal, presque un héros, Pierre, donc, a fini de boire son café. Mais Pierre n’est déjà plus là. Il ne reste que la table sur laquelle traînent... [Lire la suite]
12 avril 2017

vous reprendrez bien un peu de hommage, avant le dessert ?

Bon, même si j’ai comme une intuition qui me dit que les poèmes de Jacques Prévert n’ont pas fait l’unanimité, je me dis que j’ai fait comme mon cœur et mon esprit me disaient de faire. Parce que quand quelqu’un a autant compté dans sa vie, on ne peut pas le passer sous silence comme ça, l’air de rien. Et encore moins comme si de rien n’était. Alors, juste pour changer de héros (ou d’héroïne, oui, parce que je consomme aussi de l’héroïne, de temps en temps : Emma Bovary, par exemple, qui s’est suicidée le 23 mars 1846, 4 jours... [Lire la suite]
27 août 2016

où sont passées les gazelles ?

Bon, maintenant, ça fait plus de vingt-quatre heures qu’on n’a plus de nouvelles de Stéphane. Dans les séries télévisées, le héros aurait déjà été averti par la famille ou par le président et on serait déjà en train d’enquêter sur ce qu’il aurait pu devenir, sur ce qui aurait pu lui arriver. Stéphane, allo ? Ah non, on tombe encore direct sur le répondeur. Stéphane ? T’es où ? Putain, réponds au moins, si tu as ce message. On te cherche partout depuis hier. Ah tiens, on n’a pas pensé à aller voir à son boulot, ce... [Lire la suite]
28 octobre 2015

petit à petit, pour le moins

Je ne sais pas pourquoi mais dès qu’il s’agit de manger, que ce soit dans un restaurant ou chez des amis (ou avec des amis, chez soi), on a tendance à faire comme si on voulait s’excuser. Comme si on voulait minimiser les choses. Peut-être tout simplement pour attendrir les convives ou les clients et s’entendre dire : « mais non, c’est vachement bon » ou encore « ah ben dites donc, ça n’est pas rien, ça a dû vous prendre du temps… » En fait, on a besoin de se justifier. On a besoin d’exister en essayant de... [Lire la suite]

20 octobre 2015

trente-cinq ans après

Je me souviens très bien de ce rendez-vous imaginaire que j’ai évoqué dans le billet d’hier. Je me souviens très bien que j’avais à peine un peu plus de vingt ans. J’étais dans mes illusions les plus intenses, je pensais que Paris m’attendait à bras ouverts mais il ne m’a pas pris dedans. Pas comme dans la chanson. Et j’avais imaginé que je serai le grand écrivain de la fin du siècle dernier. Et si le siècle dernier a bien connu une fin digne de ce nom, il n’en fut pas de même pour moi car personne ne sait qui je suis. Et pour le plus... [Lire la suite]
19 octobre 2015

rendez-vous à Paris en 1981

Le rendez-vous a été fixé dans un café près de chez moi. Je suis arrivé le premier, comme de bien entendu. Mon impatience me fait perdre la tête. Mais je fais semblant de rien. À condition qu'il ne soit pas en retard, il me reste une heure à perdre. Une heure à fumer cigarette sur cigarette. Une heure à préparer des discours qui finiront dans le cendrier. Tout compte fait, il ne va rien se passer dans tout ce temps. Cette interminable attente. "Il y a longtemps que tu attends ?" "Non, à peine cinq minutes." Le cendrier me... [Lire la suite]
21 septembre 2015

le dernier jour avant le reste de ma vie

Le dernier jour avant le reste de ma vie a commencé de très bonne heure par une tentative d’espionnage qui a totalement raté son coup. J’ai trop aimé Agents très spéciaux code U.N.C.L .E. samedi après-midi au cinéma et donc, j’ai dû me croire un héros de film alors que je ne suis qu’un pauvre petit français qui approche de la retraite à petits pas prudents. Un instant, en me levant à 4h30, heure volontairement programmée dès hier soir au moment d’aller au lit, pour commencer à me réhabituer à mes horaires normaux (je reprends... [Lire la suite]
10 février 2015

Pierre, Charlie et les autres dont de la gym

Quand j’étais plus jeune, Charlie aurait été un surnom qui m’aurait plus pour moi mais qui en aurait eu l’idée vu que ceux dont on m’a affublé, c’étaient Stephano, Steph et Fafane. Si encore je m’étais appelé Charles… mais en tout cas, Charlie, c’était le surnom idéal pour moi. Ou presque. Je ne sais pas, quelque chose d’exotique tout en restant proche de la France. Un peu anglais. Un peu british, quoi. Et ça faisait mec. Pour moi qui me sentais à l’image de ce que j’étais : un gringalet, ça aurait pu me donner confiance en... [Lire la suite]