23 avril 2021

les amoureux sur les bancs publics

« Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics, bancs publics, bancs publics, en s’foutant pas mal du r’gard oblique des passants honnêtes… » Ces deux-là, sur le banc public du parc, je les ai bien observés. Rien n’a dépassé. Pas un geste n’a été déplacé. Et de ce que j’ai pu entendre des paroles qu’ils ont échangées, aucun mot ambigu n’a été évoqué. Il a pourtant été question de « je t’aime » et de « pourquoi ? » et de « attention, si tu m’aimes… », mais ils semblaient se sentir bien... [Lire la suite]

09 mars 2021

la journée internationale des droits de la

Zut, cette année, j’ai raté la journée internationale de la femme… Non, la journée internationale des femmes… Non, je crois que je me trompe encore une fois, la journée internationale de la fête des femmes. Ce n’est pas ça non plus ? Mais alors qu’est-ce qu’on doit dire, alors ? Elles sont compliquées, les femmes, avec leurs revendications systématiques. Pardon, vous pouvez rayer « systématiques » car mes écrits ont dépassé ma pensée et ma pensée, elle n’était pas censée être écrite, j’aurais dû me contrôler. Je... [Lire la suite]
13 février 2021

pfou, c’est déjà demain ?

Je ne sais pas pourquoi, mais cette année, l’idée même que ce soit déjà demain, la Saint-Valentin, ça me défrise un peu. Non pas que je n’aime pas cette fête, cette énième fête plus commerciale qu’autre chose mais on ne peut pas dire que je l’aime pour autant. En réalité, cette année, particulièrement, elle m’indiffère car je m’en fous. Et quand je dis que je m’en fous, en réalité, je suis en-dessous de la réalité car je m’en contrefous. À quoi bon ? Est-ce qu’il n’y a pas un âge où ça devient un peu ridicule, tout ça ? Tous... [Lire la suite]
17 novembre 2020

te voir en cachette

Si je voulais te voir en cachette, que dirais-je ? Quel alibi prendrais-je ? Je crois que je dirais que je descends la poubelle. Et tant pis si je reste une heure ou deux avec toi. Après tout, aucune loi, n’interdit de mettre une heure à descendre ses déchets dans le local approprié, quand on habite dans une résidence comme moi. Mais deux heures, pour l’instant, mon cœur, on va éviter, car nous n’en avons pas le droit. Déjà que nous n’avons pas le droit de nous voir mais si nous dépassons une heure, nous risquons de prendre... [Lire la suite]
11 décembre 2019

forfait dépassé

Non pas que j’y mette quelque mauvaise volonté que ce soit mais je dois annoncer une chose à Mymy que j’aurais préféré ne pas avoir à lui annoncer mais comme il ne faut pas faire l’autruche, plus à nos âges (nous avons le même malgré le fait que je reste plus jeune qu’elle) mais à force de me souhaiter des happy birthdays et des joyeux non-anniversaires depuis quelques jours, je suis au dramatique regret de lui dire que son forfait est déjà épuisé. Elle n’a plus le droit de me souhaiter quoique ce soit d’autre que bonne année, à... [Lire la suite]
19 septembre 2019

si c’est moi qui salis, c’est moi qui nettoie

Ça y est, il est midi cinquante, la cuisine est propre, la femme de ménage peut arriver. Normalement, elle vient pour 13h, le mercredi. Et là, hier, j’ai eu le temps de terminer de faire la vaisselle, de tout ranger afin que rien ne traîne, afin que rien ne dépasse (sauf les lettres) et j’ai même eu le temps de ficeler une poubelle et tout était fin prêt quand elle a sonné pour venir faire ses 3 heures. Je n’aime pas du tout que la cuisine soit en désordre ni sale quand elle arrive. Ce n’est pas ma bonne, elle ne vient pas pour ça.... [Lire la suite]

03 septembre 2019

non consonnes

(la version sans rien qui dépasse) non consonnes a noir, e crème, i carmin, u raisin, o azur : non consonnes moi, murmurerai  en ces aurores vos naissances sournoises : a, noir caraco suave aux osmies cornues soieuses mais ronronnent voisines aux mauvais arômes amers,   anses noircies ; e, innocence aux âmes mais aussi aux casernes, cannes aux moraines crâneuses, rois ivoirins, remous aux cimes ; i, incarnés, races évacuées, rire aux commissures sereines en un courroux ou en ces ivresses... [Lire la suite]
20 août 2019

encore envie de couper tout ce qui dépasse

En me lançant son défi d’écrire un texte sans aucune lettre qui dépasse, Philippe (l’autre) a créé en moi non seulement un désir de le faire mais surtout, une espèce d’obsession. Même après avoir écrit un premier texte dont je n’étais pas très content, j’ai réécrit l’Ode à Cassandre, de Ronsard, un de mes poèmes préférés et j’avoue que pour ce dernier, j’étais assez content de moi car même si on ne peut pas forcément reconnaître de dont il s’agit à la lecture, si on l’écoute récité par quelqu’un, à voix haute, je pense qu’on y... [Lire la suite]
13 août 2019

air à cassandre

(version sans lettre qui dépasse) armonieuse, va voir si rose arrivée en aurore a conservé ses mises carmines même ce soir ses mises carmines sous une nova nacrée, irisée aux manies sinueuses à son écorce souveraine n’aura crevé au maximum en sa soirée ses nuances à vous-même non inverses   crevé ! vois comme en une once à venir armonieuse, rose a, en ces environs, ses communions remisées aux ramassis ô, au vrai, mauvaise mère essence même car, comme une si neuve rose ne se conserve avec une aurore mais rien... [Lire la suite]
21 juillet 2019

Nora va aux camions (le lancement)

Ça, c’est ce qu’on appelle un lancement. C’est la première phrase du texte écrit uniquement avec des lettres qui ne dépassent pas les frontières des lignes d’un cahier à carreaux. Avec des lettres qui ne dépassent pas les bornes. La syntaxe n’est pas extraordinaire car on ne doit surtout pas dire qu’on va aux camions mais qu’on va chez les camions. C’est comme pour quand on va au docteur. Ça dépend si on y va pour une consultation médicale (on va alors chez le docteur) ou pour un plan cul (on va au docteur) mais moi, mardi après-midi,... [Lire la suite]