18 mai 2021

chambre 13C (1)

Ça va, papa, c’est bon, ça te plaît ? Hein ? Il est bon ton Paris-Brest ? Hein ? Oui. Ça fait vraiment plaisir de te voir déguster ton gâteau à même le dos de la cuiller. Parce que tu ne te rends pas compte qu’il faut le manger en mettant les bouchées dans la cuiller. Tu ressembles à quelqu’un de boulimique ou à quelqu’un qui n’aurait pas mangé depuis des jours et des jours. Ce qui n’est pas tout à fait faux puisque depuis le 27 janvier, tu n’as sans doute jamais rien mangé d’aussi bon. Et en plus, les gâteaux, où... [Lire la suite]

29 avril 2021

chambre 103

Je crois que j’ai compris : tout va être divisé par deux. On est parti d’un point A, on est arrivé à un point B, numéroté 206 et là, désormais, nous ne retiendrons plus que le 103. Pile, la moitié. Comme si on n’avait plus le choix et qu’à partir de maintenant, tout ce qui te concernait serait divisé par deux. Ton allure, ta vigueur, tes souvenirs, ta parole et ta capacité de parler, ton regard et ton envie de vivre. Encore une fois, il faut qu’on s’y fasse, à cette nouvelle vie, à cette nouvelle personne que tu es devenue. La... [Lire la suite]
26 février 2021

chambre 206 (2)

La première fois, c’était le 11. La deuxième fois, c’était le 22. La prochaine fois, est-ce que ça sera le 33 ? Pourquoi ne pas imaginer une suite logique pour à chaque fois que nous nous verrons ? Et la fois d’après, on peut espérer être un 44 et la fois suivante, un bon 55 de derrière les fagots. Je plaisante mais l’heure est grave parce qu’il ne faut pas oublier que là, tu as raison, onze fait un peu chier. Et parce qu’il y a surtout des vieux et franchement, qu’est-ce qu’on fait là ? Alors qu’on aurait pu aller se... [Lire la suite]
15 février 2021

chambre 206

Je n’ai pas pu faire autrement qu’y aller, derrière cette double porte. Je n’ai pas pu faire autrement car de toute façon, j’ai vite pesé le pour et le contre : entre ne pas savoir, faire l’autruche et me le reprocher ensuite et entre le fait d’y aller et de me confronter à la réalité, je n’ai pas tant réfléchi que ça. Je n’en ai pas vraiment eu le temps. Et je n’aurai pas fait ce trajet pour rien. Un trajet pas si simple que ça, entre pluie neigeuse, un peu de givre sur les rétroviseurs de la voiture et des endroits un peu... [Lire la suite]
28 janvier 2021

savoir jeter les choses

Stéphane, tu vas me faire le plaisir de faire le tri dans tous ces journaux, là, sur la table basse du salon. Et ceux dans l’entrée, aussi. Et je ne parle pas de ceux dans la chambre. Tu te rends compte comment tu es envahissant, tu en mets partout. Tout le temps. Ça, c’est comme pour tes papiers, depuis le temps que je te dis de faire du classement, je t’ai préparé des chemises transparentes pour les ranger par catégories mais non, toi, tu continues d’entasser, on dirait que tu aimes ça. Un jour, ça va m’énerver et je vais tout... [Lire la suite]
19 mars 2020

maman, je peux avoir un peu plus de bonbons ?

Maman, je peux avoir encore des bonbons ? Il manque la phrase magique, Kévin. S’il te plaît. S’il te plaît quoi ? Je peux avoir encore des bonbons, s’il te plaît ? S’il te plaît qui ? Maman. S’il te plaît qui ? S’il te plaît, maman ! Tu en as mangé beaucoup déjà, ce n’est pas raisonnable, Kévin. Tu ferais mieux de manger une banane. Non, je ne veux pas une banane, je veux d’autres bonbons. C’est pas juste. De quoi ? Qu’est-ce qui n’est pas juste, Kévin ? De pas pouvoir sortir dehors et moi, je... [Lire la suite]

04 mars 2020

les endives de 16h45

Parce que nous avons acheté deux tabourets chez Ikea, l’un qui va servir de table basse pour l’apéro dans le salon, l’autre comme support de l’humidificateur hygrométrique que vient d’acheter le président, pour mettre dans la chambre (d’ailleurs, comme par hasard, il sera positionné de mon côté et c’est moi qui vais ramasser toute la vapeur même si je n’en ai pas envie, je dis ça, je dis rien !) et au passage, un petit plateau pour poser sur celui qui servira de petite table d’apéro pour le salon. Parce qu’il a bien fallu les... [Lire la suite]
03 mars 2020

comment lui dire de me faire penser à lui ?

Hier matin, en me réveillant, dans ma chambre, chez mes parents, j’ai eu une idée à tenter de retenir. Je n’avais qu’à prendre mon dictaphone dans mon sac et le tour aurait été joué. Mais non, ce n’était pas si simple que ça. Car mon dictaphone, je ne l’ai pas trouvé, dans mon sac. Ni dans mon sac de tous les jours, ni dans mon sac de (petit) voyage. Alors, je n’ai pas trouvé mieux que faire à la méthode précédente : m’envoyer un mail. Pas un SMS, non, un mail. Parce que m’envoyer un SMS, je risque de ne pas le voir. Et le mieux,... [Lire la suite]
02 mars 2020

chair de nostalgie

Ce billet ne sera exceptionnellement pas bordelais mais saint-maixentais, dans les Deux-Sèvres car il a été écrit depuis chez mes parents, que je viens de raccompagner chez eux après une semaine passée chez moi. Un peu comme des vacances pour eux (je l’espère) et pour mon grand-frère, qui vit avec eux et qui en aura profité pour n’avoir aucune charge. Les vacances, ce n’est pas que dans un seul sens (proverbe bordelais quartier maritime) et moi, du coup, j’ai passé la fin de journée et la soirée d’hier en compagnie de papa/maman comme... [Lire la suite]
24 février 2020

ils n’y étaient pas !

Hier, quand j’ai su que j’aurai le courage nécessaire pour mener à bien la mission que je m’étais donnée, je suis allé dans leur chambre, avec les pieds et les mains toujours glacés et je n’ai fait aucun bruit pour ne pas prendre le risque de les réveiller, ils n’avaient pas besoin de savoir, de réaliser, de comprendre. Et j’y suis allé presque centimètre par centimètre, dans le couloir qui m’emmenait jusqu’à eux. Seule la lueur du jour qui se levait m’éclairait et même si c’était un peu juste, comme j’avais déjà repéré les lieux, la... [Lire la suite]