13 avril 2021

oraison funèbre

Nous sommes ici, aujourd’hui, pour célébrer notre fils, notre frère, notre ami, notre compagnon  et notre camarade. Essayons de ne pas pleurer car il n’aurait pas aimé ça. (Comment ça, je n’aurais pas aimé ça ? Au contraire, j’aurais adoré avoir des pleureuses pour ma crémation ! Allez, pleurez, montrez-moi si vous m’aimiez vraiment ! Mais attention, ne pleurez pas sur vous, pleurez sur moi, hein ?) Essayons de ne nous souvenir que des bons moments que nous avons passé avec Stéphane, n’oublions pas qu’il... [Lire la suite]

05 avril 2021

lundi mais pas que

Nous sommes peut-être lundi mais pas que, nous sommes le lundi de Pâques et ça, évidemment, tout le monde le sait (parmi ceux qui me connaissent, ça, Pâques, que ce soit aux tisons ou aux rabanes, je m’en fous un peu beaucoup) mais je ne fais faire le rabat-joie même si je n’en pense pas moins. Bon, si vous insistez, je vais quand même le dire : je ne comprends pas que dans un état laïc et pluriconfessionnel comme le nôtre, on en soit encore à ne célébrer officiellement et nationalement que les fêtes catholiques. Après tout,... [Lire la suite]
16 juin 2019

la fête des paires

Aujourd’hui, c’est la fête des pères. Je ne sais pas comment je vais faire pour leur souhaiter vu que de tous mes pères, je n’en connais qu’un. Un seul, celui qui m’a accompagné depuis que je suis né. Les autres, je ne les ai jamais connus. Je ne sais même pas s’ils existent ni combien ils sont. Si ça se trouve, j’en ai plein mais je m’en fous, un seul a toujours compté pour moi. C’est mon papa et c’est le plus grand (ah bon ?) et le plus fort. En tout cas, c’est ce que je pensais réellement quand j’étais plus petit que lui (en... [Lire la suite]
19 mars 2016

dont dix

Onze ans dans cette entreprise étrange et pénétrante, comme les odeurs qu’elle dégage. Oui, parce que quand on bosse chez un mareyeur, même dans les bureaux, on sent le poisson. Mais pas que. On sent le poisson mort. Et ça, il y a des matins où c’est plus difficile que d’autres. Mais contre mauvaise fortune, bon cœur, on s’accroche et on n’oublie pas de mettre une fleur à son fusil sinon, ce sont ses jambes à son cou qu’on risque de prendre. Et voilà, j’y vais chaque matin, du mardi au samedi, jours fériés compris, sauf quand c’est le... [Lire la suite]