03 juin 2019

4 mai 2039 : retrouvailles avec les anciens du mareyage

Ça fait longtemps que je l’attendais, cette soirée du 4 mai 2039. Nous avions réussi à contacter plein d’anciens collègues de la boîte de mareyage dans laquelle je suis resté 14 ans. Ça ne fut pas une mince affaire car vu le turn-over qu’il y a eu, pour retrouver le maximum de gens, ça nous a pris longtemps, à Virginie et Aïssa, mes vieux complices de soirées événementielles de l’époque. Déjà, rien que pour eux deux, même si nous sommes restés en contact régulier, tant de choses ont changé. Elle, elle est grand-mère grâce à son... [Lire la suite]

01 avril 2019

fish and chips

Quand je pense qu’on est le premier et que je ne pourrai même pas faire de poisson d’avril à mon travail, comme je ne l’ai pas fait pendant les quatorze ans que j’ai passés là-bas ! C’est vrai, ça, faire des poissons d’avril chez un poissonnier ou un mareyeur, c’est encore plus drôle, non ? Oui, c’est vrai, j’aurais dû en faire. J’aurais dû en accrocher des poissons morts au dos de mes premiers patrons, Nicole et son fils Freddy. Si ça se trouve, ils ne s’en seraient même pas rendus compte tant ils étaient obnubilés par... [Lire la suite]
18 mars 2016

onze ans

Il y a onze ans aujourd’hui, j’avais onze ans de moins et j’étais loin de me douter que ça allait durer autant d’années. Parce que je suis arrivé dans un endroit très, trop étrange. Je n’imaginais même pas y rester plus de dix minutes et encore moins y revenir le mardi suivant. Parce que le 18 mars 2005, c’était un vendredi, jour du poisson par excellence mais il ne faut plus le dire parce qu’on est dans un état laïc. C’était un vendredi, vive le vent, vive le vent, vive le vendredi… À vrai dire, j’étais venu la veille pour un... [Lire la suite]
06 octobre 2015

mes auvergnats

Elle est à toi, cette chanson, toi l’aveugle, qui sans façon, ne m’a pas vu faire quand j’ai fait des grimaces derrière ton dos et que je t’ai tiré la langue (de bœuf) alors que ça ne m’a rien apporté de plus qu’une toute petite satisfaction éphémère pour ne pas dire futile. Mais j’aime bien joindre le futile à l’agréable. Et ma foi (de veau), comme au royaume des aveugles, les borgnes sont rois, dorénavant, je promets d’essayer de ne plus jamais dépasser les borgnes. Elle est à toi, cette chanson, toi le tétraplégique qui sans... [Lire la suite]
04 mars 2015

sauce médecin

On ne va peut-être pas envisager un rapatriement sanitaire pour ça mais j’avoue que ça m’a effleuré l’esprit. Parce que depuis dimanche, j’ai de nouveau la corde au cou, la corde du mal de gorge que je traîne comme un boulet au bout d’une laisse. Tout ça parce que samedi, cette dame, derrière nous, pendant la réunion de l’ADMD, cette dame, grippée, d’après ses dires, n’a pas cessé de tousser et de nous envoyer ses miasmes, sans aucune dignité, justement. Injustement. Et depuis, autant le patron que moi, nous sommes patraques. Lui avec... [Lire la suite]
30 septembre 2014

l'enlever du contraire

Dans mon entourage proche, ils s’en souviennent de mon ancienne patronne, Nicole. Avec ses soixante-dix balais, son look de petite femme menue mais toute en gueule, son vocabulaire de charretier et son impudeur totale, tant morale que physique. Et ses sorties à la va comme je te pousse. Comme celles que peuvent faire celles et ceux qui manquent un peu de culture et qui aiment faire croire que… ou qui font comme si… et surtout, qui font avec les moyens de leur bord. Je me souviens de quelques-unes de ses expressions, souvent le fruit... [Lire la suite]

29 août 2014

bar maigre

Vendredi. Le jour V. Les valises sont bouclées. La glacière est pleine de crevettes et de poisson. Les homards n’y sont pas car je n’avais pas la place. Comme ils ne sont que deux et qu’ils sont encore vivants, je les ai mis dans une boîte sans couvercle avec un journal bien imbibé, bien humide et ça les empêchera de souffrir de la chaleur. J’aurais pu acheter des sièges-auto pour homards mais il aurait fallu que je m’y prenne un peu plus tôt. Et je n’ai compris que je manquerai de place que ce matin, en voyant la marchandise et ça... [Lire la suite]
19 mai 2014

eux et mois

Les deux premiers qui sont arrivés, ce sont Bruno et Mélissa. Ils sont arrivés en chantant avec une facilité de se parler en deux langues, puisque lui ne parle qu’anglais et qu’elle ne lui répond en français et en anglais mais ça ne me dérange pas. Je fais pareil avec Arnold que je connais en tant que meilleur ami depuis 33 ans, qui est allemand et avec qui je parle principalement anglais et lui aussi alors qu’il sait parler français mais moi, pas allemand. Sauf que pour Bruno et Mélissa, c’est juste parce qu’ils sont ainsi. Je ne... [Lire la suite]
26 janvier 2014

un dimanche à Bamako

J’ai dans l’idée de proposer à qui le voudrait, le mareyage du siècle. Je ne sais pas moi, tiens, si je me laissais aller à une certaine facilité, proposer l’union sacrée d’un maquereau et d’une morue. Le tout dans le cadre de mon travail, bien sûr, comme une expérience non pas ichtyologique mais socio-ichtyologique. Pour voir comment ça fait puisque là où je bosse, il semble qu’il n’y ait encore aucune histoire d’amour ni de cul entre les employés. Enfin, aucune dont je peux parler ici sans prendre le risque de me faire attaquer pour... [Lire la suite]
Posté par sibal33 à 18:55 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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27 décembre 2013

avec cent

On essaie de ne pas s’en faire et de faire avec. Ne pas s’en faire, comme chantait Prosper, yop la boum, en des temps dont les moins de vingt ans se moquent éperdument. Pardon, dont les moins de vingt ans se foutent gavé. Trop pas. Oui, on va dire ça, on va essayer de ne pas s’en faire et de prendre la vie comme elle vient, comme le chantait ma philosophe préférée dans les années 60 (oui, oui, ma philosophe préférée… comprenne qui pourra) et du coup, pour me donner un peu de courage avant de m’installer en mode échouage sur le canapé,... [Lire la suite]